9 sept. 2014

Deux Ans et Demi dans les Grottes de Dunhuang

Le désert de Gobi était une difficulté majeure de la route de la soie. La ville de Dunhuang s'est développée sous les Han pour offrir le repos aux voyageurs venant du désert et le courage et les provisions à ceux qui devaient s'y engager.

Cette situation particulière a généré une très forte spiritualité Bouddhiste. Pendant un millénaire, des Wei jusqu'aux Yuan, les pèlerins ont creusé des sanctuaires dans la falaise pour vénérer le Bouddhisme. 492 grottes artificielles ont été dénombrées, certaines pas plus grandes qu'un cercueil. Loin de tout, en plein milieu de l'immense Asie, Dunhuang offre le plus extraordinaire témoignage de la sculpture et de la peinture Bouddhistes anciennes.

A l'époque moderne, Zhang Daqian imprègne son art des meilleures traditions picturales Yuan, Ming et Qing. Cette démarche sera vilipendée par les observateurs occidentaux d'après guerre. Elle s'inscrit pourtant parfaitement dans l'esprit de continuité qui régit l'art Chinois depuis trois millénaires.

En 1941, Zhang décide de passer quelques mois à étudier les peintures de Dunhuang. Subjugué par la qualité de l'art des anciens, il y restera deux ans et sept mois. Il y copia sur papier ou sur soie 279 fresques, sur place malgré les conditions climatiques pénibles.

A Dunhuang, les peintures Tang sont admirables. Zhang admire la variété de l'expression psychologique des différentes personnalités du panthéon Bouddhiste, nécessaire pour offrir aux pieux voyageurs toute la subtilité du message.

Une copie faite par Zhang en 1943 d'un Avalokiteshvara Tang est à vendre par Sotheby's à New York le 18 septembre. Ce rouleau vertical 128 x 66 cm à l'encre et couleurs sur papier est estimé $ 2,6M, lot 967.