29 sept. 2014

Le Marché aux Fous à Malines

Au milieu du seizième siècle, Malines (Mechelen) était une prospère ville flamande, à mi-chemin entre Anvers et Bruxelles. Le marché aux fous est une grande huile sur toile, 135 x 188 cm, réalisée par un artiste de cette ville.

Cette peinture montre une accumulation de scènes anecdotiques et proverbiales souvent truculentes, dont la signification n'est pas entièrement décodée. Deux populations se côtoient : les humains et les fous, de très petite taille, coiffés de leur bonnet pointu.

Dans cette ambiance de marché, les humains font commerce de fous rangés serrés dans des paniers. Plus loin, des fous libérés prennent leur position préférée sur la tête d'humains dont ils sont ainsi les esprits. Les occupations de ces humains sont déraisonnables. Par exemple, les plus débauchés d'entre eux, le moine et la nonne qui s'embrassent, sont accompagnés de fous discrets.

Par delà les gnomes de Paracelse, ces personnages rejoignent la grande question d'Erasme un demi-siècle plus tôt : qui est le fou, qui est le sage ?

On compta à une époque plus de cent ateliers d'artistes à Malines, occupés à une imagerie rapide et pas chère utilisant une technique fragile qui n'a pas survécu, l'aquarelle ou tempera sur toile. Ce marché aux fous est au contraire une huile sur toile qui a pu servir de modello pour les divers ateliers de la famille Verbeeck. Les experts l'attribuent à Frans Verbeeck l'Ancien, mort en 1570.

Cette peinture d'une extrême rareté est estimée € 900K, à vendre par Dorotheum à Vienne le 21 octobre, lot 33.