17 oct. 2014

La Femme sur le Chariot

Alberto Giacometti avait été proche des Surréalistes. Le thème de la femme sur le chariot s'est inscrit dans son subconscient en 1938. Il y resta douze ans pendant lesquels l'artiste tenta quelques essais, parfois avec des roues tournantes.

En 1948, Alberto peuple son univers de ses figures filiformes qui questionnent l'existentialisme. Les hommes marchent d'un pas énergique sans savoir eux-mêmes où ils vont. Par contraste, la femme est droite et immobile.

La femme est restée une idole antique dont l'autorité ne peut pas être contestée. Elle apporte la paix et la vérité. Dans le rêve d'Alberto, elle est juchée sur un socle posé sur l'essieu d'un chariot antique à très grandes roues. C'est le grand paradoxe de Giacometti : la femme immobile symbolise le mouvement parce qu'elle est adorée sur le chariot.

Alberto est un perfectionniste. Il attend 1950 pour concrétiser son fantasme.  Tout détail est important, comme les jambes strictement jointes. Les bras sont écartés du corps en un geste de gloire ou de liberté, mais l'angle du coude disparaît quand la sculpture est vue de face. L'oeuvre est de taille moyenne, 1,45m de haut, parce qu'elle ne doit pas être intimidante ni diminutive.

Le bronze fondu en 1951-1952 est un exploit technique de la société Alexis Rudier. L'exemplaire 2/6 est à vendre par Sotheby's à New York le 4 novembre, lot 25. C'est un specimen exceptionnel par sa patine dorée qui glorifie le sujet et parce qu'il a été soigneusement peint par l'artiste.

Dans le communiqué de presse publié le 3 octobre, Sotheby's compare l'importance de cette pièce à L'Homme qui marche, qu'ils ont vendu pour £ 65M incluant premium le 3 février 2010.