12 oct. 2014

L'Artiste du Scrimshaw

Le scrimshaw fut surtout un loisir de marins trompant l'ennui des longs voyages en ciselant des dessins sur l'os ou l'ivoire. Les bateaux revenaient des mers lointaines chargés de barriques de graisse et d'huile de cachalot, intensivement utilisée pour l'éclairage et la lubrification avant le développement de l'industrie du pétrole.

En août 1826, la Susan part de Nantucket pour poursuivre les baleines dans le Pacifique. Elle revient au bout de trois ans à son port de départ avec environ 2700 barriques d'huile.

Frederick Myrick est à bord. Il est un des premiers marins qui date et signe des scrimshaws de dents de baleine. 36 pièces lui sont attribuées. Sur un modèle unique, elles offrent des différences de détails, comme par exemple les pleines voiles lors des transits ou les voiles réduites pour la chasse.

A l'exception de neuf pièces, tous les scrimshaws de ce groupe sont datés. Ces dates s'échelonnent entre décembre 1828 et septembre 1829, couvrant la fin de la chasse et le retour.

Cependant il est difficile de conclure sur la signification précise de cette datation, liée soit à l'exécution de la pièce soit aux événements du bord. Deux des pièces datées et quatre non datées montrent d'autres bateaux, et rien n'empêche de penser que l'artiste les a réalisées sur commande après son retour.

Le 26 octobre à Boston, Skinner vend un scrimshaw non daté signé par Myrick montrant le bateau Frances au large du Pérou, lot 236 estimé $ 150K. Il porte le même couplet que beaucoup d'autres pièces, d'origine non identifiée mais remémorant l'ambiance de ces voyages : 'Death to the living, long life to the killers, success to the sailors' wives and greasy luck to whalers'.