14 nov. 2014

La Légitimité Bouddhiste de l'Empereur Yongle

Hongwu avait fondé la dynastie Ming en s'appuyant sur les sectes Bouddhistes. Son quatrième fils, le prince de Yan, était un général habile et compétent. Trop compétent : le vieil empereur trouva un subterfuge pour l'écarter de la succession.

Le prince prit le pouvoir par un coup d'Etat quatre ans plus tard, 1402 de notre calendrier. Son neveu, qui périt dans l'incendie du palais impérial après avoir ranimé la guerre féodale, était un lettré qui s'appuyait sur les Confucianistes. Le nouvel empereur effaça des annales le règne de son prédécesseur dont il massacra les partisans, prit le nom de Yongle signifiant Bonheur Perpétuel et commença aussitôt à préparer le transfert de la capitale de Nanking à Beijing.

L'ambitieux Yongle ne pouvait pas apparaître comme un usurpateur : il s'offrit une légitimité Bouddhiste. Il invita le Karmapa, qui était un des sages les plus importants du Bouddhisme Tibétain et devait son pouvoir à la réincarnation.

Le voyage du Karmapa du Tibet jusqu'à Nanking dura quatre ans, pendant lesquels Yongle organisa l'hommage Bouddhiste à ses parents décédés et prépara des cadeaux somptueux. Les récits de miracles réalisés par le Karmapa furent propagés et contribuèrent efficacement à renforcer le pouvoir de Yongle, désormais héritier légitime de Hongwu.

Le 26 novembre à Hong Kong, Christie's vend une admirable thangka brodée de fils de soie, lot 3001. Cette pièce monumentale de 3,35 x 2,13 m est en parfait état avec des couleurs vives d'une grande beauté.

Conformément aux préoccupations de Yongle, son thème est la victoire sur la mort. Le personnage central à la tête rouge vif est Raktayamari, le Conquérant de la Mort, qui tient sa femme embrassée et piétine impitoyablement le corps bleu de Yama, le Seigneur de la Mort allongé sur le dos d'un buffle. En haut et en bas de l'image, des figures de divinités invitent à la dévotion Bouddhiste.

Cette pièce inclut la marque de présentation de Yongle. L'existence de deux thangkas de même qualité dans un monastère de Lhasa ajoutée au fait que la pièce à vendre était au Sikkim dans les années 1940 renforce l'hypothèse selon laquelle elle aurait accompagné le Karmapa dans son voyage de retour.

Je vous invite à jouer la vidéo partagée par Christie's :