17 mai 2015

Automate et Serinette

Pierre Jaquet-Droz a développé des automates de très haute complexité incluant des centaines de composants mécaniques.

Son atelier crée dans les années 1770 le thème de la cage à oiseaux qui obtiendra un immense succès. Le chant de l'oiseau est obtenu par un orgue mécanique miniature nommé serinette, avec une note unique par tuyau. Six tuyaux suffisent pour fournir l'illusion d'une grande variété.

Au milieu de la décennie suivante, Pierre Jaquet-Droz est associé avec son fils Henri-Louis et avec Jean-Frédéric Leschot et emploie les meilleurs inventeurs de Genève comme Henri Maillardet et Jacob Frisard. L'effort de miniaturisation continue et Frisard invente vers 1784 la boîte qui fait jaillir l'oiseau chanteur à son ouverture et le replie à la fermeture.

Le succès invite à la diversification des modèles et à l'insertion de ces mécanismes dans des pièces d'orfèvrerie émaillées du plus grand luxe. La cour impériale Chinoise est intéressée par ces innovations. De Londres, l'habile entrepreneur James Cox entretient les relations commerciales avec l'Extrême-Orient.

Le 11 juin à New York, Sotheby's vend un somptueux automate à oiseau chanteur articulé fait par Jaquet-Droz, Leschot et Frisard vers 1786 et vendu à Cox en 1787, certainement à l'usage du marché Chinois.

Cette pièce de 16 cm de hauteur totale a la forme d'un flacon à parfum avec son bouchon et incorpore aussi une montre, comme c'était souvent le cas pour cette gamme de produits. La dimension de l'oiseau, 12 mm de haut, démontre la prodigieuse miniaturisation atteinte par Jaquet-Droz à l'époque de Frisard.

Cet automate est estimé $ 800K, lot 104. C'est la première des trois merveilles de la mécanique Suisse présentées par Sotheby's dans la vidéo ci-dessous :