23 mai 2015

Cinq Mouvements pour une Danse Moderne

En 1883, Tchaikovsky corrige les épreuves de son opéra Mazeppa et conçoit son oeuvre suivante qui sera la suite orchestrale No. 2. Le compositeur romantique, influencé à la fois par les musiques occidentales et russes, saura bousculer les conventions pour ouvrir la voie à la musique moderne.

La suite comprend cinq mouvements, pour un orchestre composé d'instruments à vent en bois et cuivre, de percussions, d'accordéons, d'instruments du quatuor et d'une harpe. L'audace de l'utilisation des harmonies et des timbres va croissante dans ces mouvements.

Après une introduction presque classique (premier mouvement), viennent une valse et un scherzo burlesque, signifiant qu'il est d'inspiration populaire. Avec le quatrième mouvement intitulé Rêves d'enfant (en français), le rythme ralentit pour introduire des mélanges harmoniques qui anticipent la musique atonale. Le cinquième mouvement intitulé Danse baroque est extrêmement rapide (vivacissimo), sur le modèle de la danse cosaque de Dargomyzhsky.

Tchaikovsky jetait ses premières idées en brouillons provisoires, abondamment raturés, qu'il donnait ou détruisait lorsque l'oeuvre approchait de sa version finale. Le 28 mai à Londres, Sotheby's vend le manuscrit de travail des mouvements 1, 4 et 5 de la suite orchestrale No. 2, lot 303 estimé £ 250K.

Très curieusement, les manuscrits des mouvements 4 et 5 sont imbriqués. La berceuse onirique non conventionnelle du quatrième mouvement et la danse sauvage du cinquième mouvement sont ainsi indissociables. Elles s'associent comme pour mettre fin à la musique classique.