30 mai 2015

Le Primitivisme de De Miré à Rubin

La figure de reliquaire Kota servait à marquer l'emplacement du panier enfoui contenant les reliques d'un mort. Ces ornements de cimetière tribal du Gabon ont des caractéristiques génériques communes.

Le visage plat de forme foliée est plus ou moins stylisé. Il est placé par-dessus un ovale plus large sur lequel on pouvait accrocher les ornements d'oreilles. La coiffe est une crête ressemblant à un casque militaire tandis que le losange inférieur évidé de la pièce est incontestablement un symbole de la fécondité féminine.

Collectée à une date inconnue, ce qui est le cas de la plupart de ces pièces, une figure Kota de 66 cm de haut a particulièrement influencé l'art du XXème siècle par la pureté constructiviste du visage limité à un bourrelet central séparant les deux yeux positionnés à mi hauteur de la tête.

Sa provenance est exceptionnelle.

Son plus ancien propriétaire identifié est Georges de Miré, dans les années 1920. De Miré était un des très rares connaisseurs de ce temps qui savaient voir une qualité artistique intrinsèque sur une pièce tribale.

A la suite de difficultés financières, De Miré a vendu sa collection aux enchères à Drouot le 16 décembre 1931. Le Kota a été acheté à cette vente par Helena Rubinstein.

Il a été acquis au début des années 1980 par William Rubin, le directeur du MoMA de New York ami de Picasso qui avait su interroger les artistes pour expliciter la profondeur de l'influence tribale sur l'art moderne, devenant ainsi le plus subtil théoricien du primitivisme.

Cette figure est estimée € 6M à vendre par Christie's à Paris le 23 juin, lot 37. La vidéo partagée par Christie's pour présenter ce lot est un hommage à la vision exceptionnelle de Rubin.