27 juin 2015

L'Envol vers la Ville Céleste

La Bible, directement ou au travers du Paradis Perdu de Milton, offre un thème fabuleux aux artistes à l'époque Romantique. John Martin devient un spécialiste des paysages du paradis et de l'enfer, avec des peintures de grandes dimensions.

En 1841, une paire d'huiles sur toile traite les deux aspects extrêmes de la vie surnaturelle à l'exposition de la Royal Gallery. Elle démontre aussi l'habileté de l'artiste à montrer des effets opposés : le bonheur et l'horreur.

Le très sombre et sinistre Pandemonium illustre la capitale de Satan. Cette huile sur toile 123 x 184 cm dans son cadre d'artiste d'origine, a été vendu pour £ 1,65M incluant premium par Christie's le 19 février 2003 et est entré au Musée du Louvre en 2006.

Son pendant, The Celestial city and the River of bliss, 123 x 194 cm, est estimé £ 2M à vendre par Sotheby's à Londres le 8 juillet, lot 57.

La ville du bonheur perpétuel flotte au-dessus du méandre de la rivière paradisiaque. Objet de la convoitise des défunts du Jugement Dernier, elle est à peine visible, comme un halo au milieu des nuages. L'ange connaît le chemin : il y va directement, emportant un personnage dans son vol.

L'art de John Martin était lucratif mais ses thèmes oniriques le font apparaître comme un lointain précurseur du surréalisme. Glenn Brown ne s'y est pas trompé. Détournant une scène d'Apocalypse de Martin, il l'a intitulée The Tragic conversion of Salvador Dali. Le marché aime l'art contemporain. Cette huile sur toile 222 x 323 cm peinte en 1998 a été vendue pour £ 5,2M incluant premium par Sotheby's le 26 juin 2012.