28 juin 2015

Les Kermesses de Pieter le Jeune

Peintre de moralités associées à la vie paysanne, Pieter Bruegel vivait à une des pires époques de fanatisme religieux. A la fin de sa courte vie, quelques scènes de fêtes et de danses s'éloignent de la religion, peut-être pour exprimer un espoir dans la vie non sophistiquée des villageois.

Trente ans plus tard, quand Pieter le jeune commence sa carrière, les temps ont bien changé. Sous le joug de l'Espagne, les Flandres ne sont plus un pays convoité. Pieter Brueghel copie abondamment les oeuvres de son père désormais appréciées pour leur pittoresque. Il est aussi un grand artiste en son propre nom, mettant en scène les foules des kermesses et des processions.

Les nouvelles compositions par Pieter le jeune sont ainsi bien plus libres que celles de son père. Des plans bien différenciés permettent de figurer les différentes activités des personnages, toujours spontanées et souvent truculentes. Il crée plusieurs variantes de la kermesse de St Georges, sans les localiser dans le même village. La St Georges est célébrée quelques jours après Pâques quand le printemps offre toute son opulence.

L'une des kermesses de St Georges par Pieter le jeune montre les danses et les beuveries sur la place d'un village. La plus grande peinture dans cette variante, une huile sur panneau 117 x 176 cm, est datée 1628. Cette datation rare dans l'art de Pieter le jeune signifie qu'il était satisfait de son achèvement. Elle a été vendue pour £ 3,7M incluant premium par Sotheby's le 8 décembre 2004.

Le 9 juillet à Londres, Christie's vend une huile sur panneau 72 x 103 cm, lot 45 estimé £ 2,5M. Elle diffère du chef d'oeuvre de 1628 par de menus détails et est sans doute légèrement antérieure. Le musicien est trop loin, l'ivrogne n'a pas commencé à vomir et il n'y a pas de banderole au-dessus de la figure du saint. Elle est signée Breughel, orthographe utilisée par l'artiste à partir de 1616.