30 juin 2015

Les Sphères Mouvantes Françaises

Dès le début du XVIIIème siècle, les meilleurs horlogers anglais et français mettent au point des mécanismes simulant les mouvements des planètes. Ces machines sont appelées orrery clocks en Angleterre.

Le siècle des lumières favorise la précision scientifique. En plus de l'exploit technique déjà en association avec de multiples complications horlogères, de très bons astronomes comme Lalande et Cassini ajustent les tables astronomiques et les mathématiciens comme Camus positionnent leurs roues dentées et leurs pignons.

A la fin du règne de Louis XIV, Jean Pigeon réalise une sphère mouvante sur le principe de Copernic et publie son invention en 1714. La pendule astronomique de Passemant est présentée en 1749 à l'Académie Royale des Sciences et sert pour fixer l'heure officielle du royaume. Elle est conservée au château de Versailles.

Le prince de Conti, peu habile en politique, était devenu le plus grand collectionneur de son temps. Ecartant résolument les académies et les corporations, il fait réaliser vers 1770 la pendule astronomique la plus complexe de son temps. L'horlogerie est réalisée par Mabille et les sphères par Baffert, certainement avant 1773 qui est la date de faillite de ce dernier.

La pendule inclut tous les éléments possibles de mesure du temps ainsi qu'un beau cadran pour la position de la lune. Etendu aux planètes extérieures, le planétaire inclut six sphères tournantes avec la plus grande précision scientifique. Il marque aussi les écliptiques, les solstices, les équinoxes et le zodiaque.

Janvier, qui eut cette pendule en main après la Révolution, notait qu'elle est supérieure à la pendule de Passemant par l'exactitude de sa rotation annuelle parce qu'elle incorpore les calculs publiés par Camus en 1749.

La pendule à sphère mouvante du prince de Conti est estimée £ 600K à vendre par Christie's à Londres le 9 juillet, lot 9.