25 juil. 2015

Le Tour de France de Portago

En amenant la FIA à réviser les règlements des compétitions, le terrible accident du Mans en 1955 ouvre la voie à la grande période de Ferrari. La Ferrari 250 GT Europa, introduite l'année précédente, est parfaitement adaptée aux nouvelles exigences. Ferrari organise son écrasante domination dans la catégorie Grand Tourisme en améliorant cette gamme de produits.

La première série de la nouvelle berlinette 250 GT, en 1956, est d'abord consacrée à la compétition. Sept voitures sont carrossées par Scaglietti sur une conception de Pinin Farina. Après quelques exemplaires supplémentaires, cette série recevra aussi d'importantes améliorations dont les fentes d'aération dites louvres sur les côtés de la carrosserie.

La cinquième de ces sept premières 250 GT LWB (une désignation apportée après le développement du châssis SWB en 1959) est une des plus glorieuses de toute l'histoire de Ferrari. Elle est à vendre par RM Sotheby's à Monterey le 15 août, lot 332.

Elle a été vendue par Ferrari le 23 avril 1956 au marquis de Portago, qui l'a menée à la victoire dans toutes les compétitions auxquelles elle a participé. Son exploit le plus spectaculaire est au Tour de France 1956 dans lequel, pilotée par Portago et Nelson, elle a gagné cinq des six circuits de l'épreuve. L'année suivante, la victoire de Gendebien avec une autre 250 GT LWB a consolidé le surnom de Tour de France (TdF) attribué désormais à ces berlinettes.

Cette voiture invaincue a survécu sans aucun dommage à Portago, le plus extrême pilote de l'histoire de la course automobile, tué avec Nelson dans les Mille Miglia en 1957 par l'explosion d'un pneu de leur Ferrari 335 S. En recrutant Portago au début 1956 parmi les pilotes officiels de la marque, Ferrari avait pris le pari de démontrer la robustesse exceptionnelle de ses nouvelles voitures.