2 juil. 2015

L'Ecole des Evangiles

Les livres du Christianisme, essentiellement les évangéliaires et les sacramentaires, étaient copiés par des scribes pour l'usage des évêques et des abbayes. Soucieux d'égaler le luxe et la réputation de Byzance, Charlemagne réalise des réformes politiques qui apportent une originalité considérable en matière de culture.

Contrairement à leurs prédécesseurs les Mérovingiens, les Carolingiens n'ignorent pas le rôle de l'Eglise. La création de l'enseignement religieux en 789 a pour but clairement identifié de combattre l'ignorance et pour conséquence directe un accroissement de l'activité des copistes.

Metz n'est pas bien loin d'Aix-la-Chapelle, et Charlemagne y crée une des nécropoles impériales. La ville qui comprend de nombreux monastères devient un centre intellectuel important. Drogon, fils bâtard de Charlemagne, devient évêque en 823. Son chef d'oeuvre, inachevé à sa mort en 855, est un sacramentaire enluminé.

Depuis plusieurs siècles, les évangéliaires incluaient les quatre Evangiles avec préfaces et commentaires, précédés d'une table de concordance entre les textes et suivis d'un capitulaire. Les quatre éléments de la table de concordance sont séparées dans un portique arqué luxueusement peint.

Le 15 juillet à Londres, Christie's vend un manuscrit sur vélin remarquablement complet et en très bon état, connu sous le nom d'Evangiles de la Reine Theutberge, lot 20 estimé £ 1M.

Ce livre a été réalisé au début du IXème siècle, très probablement à Metz. Malgré le luxe de son exécution, il n'inclut pas d'initiales ornées, ce qui accroît sa présomption d'ancienneté. La liste des fêtes du capitulaire ne mentionne pas encore la Toussaint, rendue obligatoire dans la liturgie officielle en 835.