3 juil. 2015

Nouvelles Fleurs pour les Papillons

Le développement de la gravure fut d'une grande aide pour l'observation scientifique. Fille de Matthäus Merian qui avait été le gendre de De Bry, Maria Sibylla Merian devint une des meilleures naturalistes de son temps, deux siècles avant Audubon, Darwin et Mendel.

Elle s'intéresse aux insectes dès son enfance. Elle reconstitue le cycle de la métamorphose (oeuf, chenille, pupe, papillon) sans doute avant même que Redi publie les arguments décisifs contre la génération spontanée.

Non seulement l'insecte n'est pas une créature du diable, mais il est utile. La curiosité envers l'Extrême Orient avait été entretenue par De Bry, éditeur d'images de grands voyages. L'Europe cherche à imiter la culture de la soie avec des solutions locales, et Maria Sibylla est une des premières scientifiques à étudier la relation entre les plantes et leurs parasites.

En 1612, De Bry avait édité un florilegium, deux fois réédité par son gendre. Ce terme désignait les recueils d'images de fleurs servant de modèles pour les brodeurs. Pour ses illustrations, Maria Sibylla Merian réutilise le format développé à partir de 1643 par Nicolas Robert en fascicules de douze images chacune.

De 1677 à 1683, elle édite cinq fascicules, trois sur les fleurs et deux sur les chenilles. En 1680, son mari Johann Andreas Graff publie un livre rassemblant ses 36 images de fleurs, 30 x 19 cm, sous le titre de Neues Blumenbuch. Un exemplaire complet est estimé £ 200K à vendre par Christie's à Londres le 15 juillet, lot 150.

Un lot rassemblant en éditions originales les trois fascicules du Blumenbuch a été vendu pour £ 560K incluant premium par Christie's le 8 juin 2011 sur une estimation basse de £ 60K.

Peu avant sa mort en 1717, Maria Sibylla ajouta un troisième fascicule sur les métamorphoses des chenilles qui fut aussitôt rassemblé avec les deux précédents pour une édition en néerlandais. Un exemplaire de ce livre a été vendu pour £ 193K incluant premium par Christie's le 23 novembre 2011.