29 août 2015

La Dixième Note du Carillon

Depuis l'époque de Confucius et la dynastie des Zhou, la musique est un moyen de communier avec le monde et guide l'Empereur sur la voie de l'harmonie et de la sérénité. Dès cette lointaine époque, la théorie est très structurée avec une gamme à douze tons.

La variété des timbres nécessaires à une interprétation parfaite de la nature, de la terre et du ciel et aussi du yin et du yang aboutit au système des huit tons (ba yin) selon la matière de l'instrument, qui est selon Schaeffner la plus ancienne classification raisonnée d'instruments de musique. Dans le ba yin, le métal est représenté principalement par le carillon de bronze (bianzhong).

Un bianzhong complet datant d'il y a 2500 ans trouvé dans la tombe dite du marquis Yi est composé de 64 cloches assemblées en plusieurs portiques, couvrant cinq octaves de douze tons et dont l'opération nécessitait cinq musiciens. Chaque cloche en forme d'amande offre deux tons selon qu'elle est frappée de face ou sur les côtés. Les pièces varient par l'épaisseur de la paroi.

La musique est l'art suprême et les cloches impériales sont datées, tout comme les cithares. Le 15 septembre à New York, Sotheby's vend la cloche du dixième son d'un bianzhong de seize pièces de forme ovoïde. Elle porte la marque impériale de Qianlong et est datée de la huitième année de son règne, 1743 de notre calendrier.

Cette cloche de 27 cm de haut qui avait appartenu à la collection Hearst est estimée $ 1M, lot 160 et est présentée dans un intéressant article publié par la maison de ventes.