2 sept. 2015

Safavides à la Polonaise

L'art du tapis atteint son plus grand raffinement sous la dynastie Perse des Safavides, et plus précisément pendant le règne d'Abbas I il y a 400 ans. Les techniques les plus complexes permettent une grande densité et des couleurs chatoyantes.

Les provenances par centre textile et les dates sont difficiles à identifier. Le tapis de laine Béhague au point Vase est un Kirman. Le specimen Clark exécuté dans une variante du même point vient peut-être du même centre.

On date du même règne un Ispahan en soie, 231 x 170 cm, qui a été vendu pour $ 4,45M incluant premium par Christie's le 3 juin 2008. Son effet luminescent était spectaculaire mais certainement très difficile à obtenir sans brocart.

Cet Ispahan est probablement antérieur de quelques décennies au groupe de tapis d'Ispahan ou de Kashan dits à la Polonaise qui sont brocardés de fils d'argent et d'argent doré habilement entremêlés avec des fils de soie blancs et jaunes parmi des motifs d'autres couleurs et un fond souvent vert.

Le 1er octobre à New York, Sotheby's vend un petit tapis à la Polonaise, 208 x 135 cm, qui avait appartenu à la collection du roi Umberto II et dont la conservation des couleurs reste acceptable bien que les fils métalliques aient été oxydés. Il est estimé $ 800K, lot 68.

Le lien avec la Pologne n'est pas d'origine. A Paris à la fin du XIXème siècle, Ladislas Czartoryski est un grand collectionneur qui expose notamment ses tapis brocardés à l'Exposition Universelle de 1878. Certains de ces tapis incluent un motif qui ressemble au blason princier de sa famille et il ne s'oppose pas à la légende d'un tissage Polonais. Un exemple de tapis Czartoryski est conservé au Met Museum à New York.