5 sept. 2015

Une Ancienne Figure de Guanyin

Il y a 2000 ans, le Bouddhisme sortait de sa phase aniconique et offrait aux fidèles la figure idéale de Bouddha selon un canon qui est toujours resté valide. Bouddha exprimait l'extrême sagesse et montrait que celle-ci pouvait être atteinte dans la vie terrestre. Maintenant que la figuration anthropomorphique était acceptée, Bouddha ne pouvait pas rester seul.

Après Bouddha, le bodhisattva Avalokiteshvara fut l'une des plus anciennes figures. Il fallait qu'il soit connu et reconnu des fidèles car son rôle était d'établir la communication entre le panthéon bouddhique et les croyants. Pour cette fonction d'accessibilité et de compassion, Avalokiteshvara est charmant, digne, bien habillé et même riche avec de nombreux ornements de bijoux ciselés dans la pierre.

Le 16 septembre à New York, Sotheby's vend un Avalokiteshvara archaïque de la dynastie des Qi du Nord qui avait été présenté par la même maison de ventes avec une estimation trop haute à Hong Kong le 8 octobre 2013, lot 139.

Cette grande sculpture en grès de 148 cm de haut montre le bodhisattva debout sur une stèle flanquée de deux lions et tirée par une tortue. L'usage d'une stèle inscrite et datée est très fréquente sous cette dynastie. La figure a été dédiée le 9ème jour du 1er mois de la 7ème année de Wuping, correspondant à 576 de notre calendrier.

Elle est en bon état à part le fait que les avant-bras sont manquants et qu'un des lions est cassé. Elle est estimée $ 800K, lot 424.

En Chine, Avalokiteshvara est nommé Guanyin. Ce Guanyin des Qi apparaît comme masculin, sans protubérance de poitrine. Il est donc antérieur à la féminisation du bodhisattva en Chine, qui sera une conséquence de ses attributs de charme et d'élégance. Cette troublante dualité sexuelle qui ne va pas jusqu'à l'hermaphrodisme perd son mystère quand on considère que les figures Bouddhistes expriment des vertus et non des personnages.