11 oct. 2015

Le Trompe l'Oeil Synthétique de Georges Braque

Le cubisme synthétique fait suite chronologiquement au cubisme analytique, mais il n'est plus réellement du cubisme à part le fait que ces deux styles sont développés par les mêmes innovateurs, Picasso et Braque. Dans cette seconde phase, l'objet d'art n'est plus une représentation mais une extension du réel, un objet nouveau qui échappe à son propre thème figuratif.

Les deux artistes réalisent des collages, qui sont aussi un prétexte pour essayer divers matériaux en plus du papier. L'assemblage est effectué pour montrer une figure. Georges Braque privilégie la nature morte, c'est-à-dire un objet de dimension similaire à l'oeuvre d'art. Les lettres au pochoir ébauchent des messages.

Ce style a un gros désavantage. Les artistes sont satisfaits d'ouvrir une nouvelle ère qui ne dépend plus de la perspective mais la disparition de tout effet tridimensionnel vient à l'opposé du cubisme d'origine et ne peut que déranger le spectateur.

La peinture imitant le collage est une tentative pour traiter ce problème. Dès la première année, 1912, Braque mêle du sable à son huile pour introduire des reliefs. Ses constructions de papier, qui ont toutes disparu, relèvent de la même question. La peinture de la texture du bois imite le papier peint qui imite le bois. La spontanéité a elle aussi disparu mais le double trompe-l'oeil est à lui seul une réflexion sur l'acte créatif.

Le 4 novembre à New York, Sotheby's vend Le Violon, huile et sable sur toile 91 x 60 cm peint par Braque en 1914, lot 60T estimé $ 12M.

Le cubisme synthétique fut éphémère mais il ouvrait la voie à Miro dont les poèmes-peintures apporteront la dimension onirique et l'acceptation de l'abstraction qui manquaient à Braque et Picasso.

Je vous invite à regarder la vidéo partagée par Sotheby's :