5 nov. 2015

Corps de Femmes par De Kooning

La femme fut un des thèmes majeurs des débuts de De Kooning, dès l'époque où il cherchait avec Arshile Gorky la frontière entre le figuratif et l'abstrait. Sa troisième série de Femmes, de 1950 à 1955, est la plus innovante, marquée par une alternance d'enthousiasmes et de découragements.

De Kooning recherche la femme éternelle qui a inspiré les artistes depuis l'âge des idoles de pierre. Plus que la féminité, il exprime la fécondité avec des images de femmes debout caractérisées par une poitrine opulente, dans un dessin rappelant le cubisme synthétique. La tête n'est plus qu'une excroissance sans utilité dans cette vision légèrement en contre-plongée.

Le résultat est à l'opposé de l'esthétique de son temps malgré une utilisation expressionniste des couleurs. Un critique d'art a dit en 1953 que De Kooning était allé trop loin, mais que c'était bien là qu'il fallait aller.

L'inspiration des idoles des anciens âges et la pulsion des artistes naïfs se rejoignent : la série des Corps de Dames par Dubuffet, le prophète de l'Art brut, commence également en 1950 et offre une vision similaire de la morphologie.

Le 15 mai 2013, Christie's vendait pour $ 19M incluant premium une femme aux yeux bleus, huile, émail et charbon sur papier 71 x 51 cm marouflé sur toile réalisée en 1953.

L'oeuvre à vendre par Christie's à New York le 9 novembre est un nu 56 x 48 cm de la même année ou de l'année précédente, réalisé avec une technique similaire. Elle est estimée $ 14M, lot 15A.