7 nov. 2015

L'Art Sans Fin de Gonzalez-Torres

L'art contemporain quitte progressivement les références à la peinture, à la sculpture et à l'objet. Les installations invitent le spectateur à la participation et à la modification. L'artiste d'origine Cubaine Felix Gonzalez-Torres offre une synthèse entre le minimalisme et l'accumulation, après Donald Judd et Carl Andre, avant Ai Weiwei.

Militant homosexuel, Gonzalez-Torres conçoit son oeuvre comme un partage. Allant jusqu'au bout de sa démarche, il stipule qu'un certificat d'authenticité doit être ré-émis à chaque fois que l'oeuvre change de propriétaire. Il fournit l'amorce de l'élément à accumuler, que le responsable de l'exposition peut diminuer, augmenter et dont la forme globale est modifiable à volonté, après les sculptures anti-art de Lygia Clark.

En 1991, la créativité de Gonzalez-Torres est exacerbée par le SIDA de son partenaire, qui suscite en lui des pensées humanistes. Il mourra de la même maladie cinq ans plus tard.

Un exemple est le tas d'impressions identiques 72 x109 cm pouvant être photocopiées à volonté pour lequel l'artiste suggère une hauteur idéale de 8 inches. Cette oeuvre a été vendue pour $ 1,65M incluant premium par Sotheby's le 10 mai 2011.

L'accumulation de bonbons enveloppés individuellement dans leur papier de cellophane est le raffinement ultime de la démarche de Gonzalez-Torres et son thème le plus demandé par le marché de l'art. Le prélèvement d'un élément apporte à l'auteur de l'action le bruit du papier ouvert et le goût sucré du bonbon.

Une oeuvre en papier bleu clair réalisée en 1992 avec un poids idéal de 90 Kg a été vendue pour $ 4,6M incluant premium par Phillips de Pury le 8 novembre 2010. Une autre variante réalisée en 1991 en papier vert avec un poids idéal de 50 livres est estimée $ 5M à vendre par Christie's à New York le 10 novembre, lot 43B.