7 nov. 2015

L'Expérience Française de Joan Mitchell

Joan Mitchell est une des meilleures figures de la seconde génération de l'expressionnisme abstrait. Elle est inspirée par les couleurs de la nature dans des oeuvres qui semblent violentes et impulsives mais qui sont en fait fortement architecturées.

Pendant deux années successives, 1955 et 1956, elle fait des séjours d'été en France. Elle se mêle à l'importante communauté artistique Parisienne, et son art se modifie, renonçant à utiliser une grammaire géométrique. L'expérience (c'est elle-même qui utilise ce terme) est réussie puisqu'elle s'installe de façon permanente à Paris en 1959.

La violence de l'action, les zigzags, la volonté d'exprimer la nature par l'abstraction rapprochent son art de celui de Pollock, mais le tempérament fort de Mitchell n'accepte pas forcément de modèles. A la différence de Pollock, elle utilise un large pinceau pour réaliser ses longs traits de couleurs brillantes et pures. Elle développe une hantise des coulures de peinture qu'elle ôte dès qu'elle les voit.

Le 10 novembre à New York, Christie's vend une huile sur toile 195 x 185 cm peinte en 1956, lot 30B estimé $ 6M.

Cette image abstraite est dominée par sa couleur préférée, le vert, de plus en plus inspiré par les forêts françaises. La diversité et la brillance des autres couleurs anticipent ses colères des années suivantes. Le fond blanc, qu'elle considère comme indispensable, apporte le contraste.