28 nov. 2015

Raffinement en Pâle sur Blanc

A la fin du règne de l'Empereur Kangxi, l'introduction de l'émail dans la technique de la porcelaine augmente très agréablement la palette des couleurs. Les chimistes impériaux continuent le développement de ce falangcai pendant le règne de son successeur, l'Empereur Yongzheng.

Le nouvel empereur est très exigeant en termes de raffinement. Les plus belles pièces sont destinées à son usage personnel exclusif après une sélection sévère.

La plus grande réussite de la porcelaine selon le goût de l'Empereur Yongzheng est le shuimo falangcai. L'émail est déposé comme un lavis d'encre. Cette technique nouvelle permet la même qualité de dessin que sur le papier, avec en plus la brillance de la porcelaine.

Le shuimo permet ainsi de montrer des thèmes traditionnels de l'époque des Song. Quand on adjoint un poème évoquant le plaisir du parfum, l'art devient si total que seul l'empereur lui-même est digne de le mériter.

Le shuimo permet de laisser un infime contraste entre la couleur extrêmement pure de la fleur de prunus et le blanc parfait de la porcelaine. Cet aboutissement extrême du falangcai est développé pendant la neuvième année du règne de Yongzheng et est aussi identifié sous le nom d'émaux sepia. Le quatrième mois de la dixième année, 1732 de notre calendrier, l'excellence du shuimo falangcai est reconnue par un décret impérial.

Les pièces en shuimo falangcai sont extrêmement rares. Le 2 décembre à Hong Kong, Christie's vend un bol de 10 cm de diamètre, lot 2888. Il est décoré de branches et fleurs de prunus ainsi que de bambous. L'ensemble symbolise l'hiver qui anticipe l'espoir du printemps : la fleur de prunus éclôt avant l'arrivée de la feuille et le bambou est immuable quelle que soit la saison.

La décoration est complétée par un poème dans une calligraphie antiquisante qui plaisait à l'empereur, et de trois sceaux émaillés. Le bol porte sous sa base la marque impériale à quatre caractères de l'Empereur Yongzheng.