29 nov. 2015

Trop Tard pour les Ming

A partir du règne de l'empereur Wanli, la cartographie Ming intègre la vision du monde par les Jésuites avec les nouvelles découvertes de continents et le quadrillage de latitude et longitude. Cette ouverture n'est cependant pas spectaculaire : la Chine occupe la majeure partie de la surface disponible et les autres pays sont relégués sur les bords sans recherche d'exactitude, parfois simplement symbolisés par des îles.

Ces cartes sont précises pour ce qui concerne les fleuves, la Grande Muraille et les routes des grands voyages, et incluent des informations sur la présence humaine. Les océans sont habités par des monstres mythiques à trois têtes ou aux dents d'or.

Pour les Ming, la catastrophe finale a lieu pendant la 17ème année de l'Empereur Chongzhen, 1644 de notre calendrier. Beijing est prise par les Mandchous. Au nord, un rebelle crée la dynastie Shun qui durera un an. Au sud, les loyalistes espèrent pouvoir fonder une nouvelle capitale à Nanjing.

La carte de Cao Junyi est la dernière carte Ming. Imprimée en xylographie à Nanjing au début de l'été de l'année finale de Chongzhen, elle est certainement ultérieure au suicide de l'empereur.

Cette grande carte 125 x 125 cm est soignée sans être particulièrement innovante. Son titre en Chinois insistant sur les neuf villes frontières signifie probablement une intention militaire, mais il est déjà trop tard pour sauver les Ming. La résistance du sud contre les Qing durera cependant 18 ans.

Trois exemplaires de la carte de Cao sont connus. L'un d'entre eux est estimé £ 300K à vendre par Christie's à Londres le 1er décembre, lot 181.