26 déc. 2015

Exorcisme Baroque en Flandres

Le début de la carrière de Jacob Jordaens est très lié à Rubens avec qui il collaborait occasionnellement. Le jeune peintre essaye tous les thèmes incluant la mythologie et les scènes de genre.

En 1628, Jordaens a l'honneur d'être choisi avec Rubens et Van Dyck comme un des trois peintres des autels de l'église St Augustin d'Anvers. Chacun des trois artistes réalise une peinture séparée mais leur exécution simultanée apporte une homogénéité d'ensemble.

A la suite de ce succès, Jordaens exécute en 1630 une pièce d'autel pour le monastère Bénédictin de St Martin à Tournai, sur le thème de l'exorcisme.

Plusieurs dessins préparatoires sont connus. L'un d'eux, associé au début du processus créatif, est composé dans une diagonale pointant vers le saint guérisseur. La conception est directement inspirée d'un miracle peint dix ans plus tôt par Rubens. La foule baroque maintient le possédé dans la partie basse de l'image.

Une huile sur toile 122 x 87 cm datée 1630 conforme à ce premier dessin vient d'apparaître. Elle est estimée $ 4M à vendre par Sotheby's à New York le 28 janvier, lot 27.

Les Bénédictins étaient pointilleux sur la conformité des images avec leur interprétation religieuse de la scène et cette version avec un saint raide et dominateur ne leur convenait pas. Dans la version finalement acceptée pour le monastère, St Martin est penché vers la foule. La peinture à vendre est probablement un modello réalisé pour permettre le choix de la composition par les patrons.

Une analyse par réflectographie infra-rouge montre que le visage d'un des assistants du saint, qui ressemble au portrait d'un des moines Bénédictins, a effacé une tête plus jeune. Elle ouvre une hypothèse intéressante selon laquelle l'artiste espérait une nouvelle commande tirant bénéfice de son travail préliminaire plus spectaculaire et plus proche de Rubens.