3 déc. 2015

La Renaissance du Lièvre

Albrecht Dürer fut un grand imagier. L'intérêt apporté à son oeuvre connaît une renaissance à l'époque des cabinets de curiosité.

Hans Hoffmann est un citoyen de Nuremberg, où Dürer avait réalisé la plus grande partie de sa carrière. Le Lièvre de Dürer était resté dans la ville, dans la collection d'un riche notable.

Cet animal est un exemple très important dans l'histoire de l'art de la possibilité pour un artiste d'atteindre un parfait réalisme. Dürer montrait le lièvre sur un fond uni. Hoffmann le met au goût du jour en l'entourant d'un foisonnement de plantes et d'animaux qui plaisent au besoin de connaissance des patrons.

Les lièvres de Hoffmann ne sont pas des copies du modèle de Dürer. Bien que l'attitude générale soit similaire, l'angle varie ainsi que l'attention apportée par l'animal à son environnement et même son âge identifiable à la longueur des oreilles.

Le 8 décembre à Londres, Christie's vend un jeune lièvre aux champs par Hoffmann, lot 15 estimé £ 4M. Cette aquarelle, gouache et gomme arabique sur vélin 62 x 59 cm a été réalisée en 1582 pendant la période où l'artiste est à Nuremberg. Il continuera sa carrière brièvement à Munich puis, à partir de 1585, à Prague au service de Rodolphe II.

Hoffmann ne cache pas l'influence de Dürer sur son art. Dürer avait mis un reflet dans un oeil du lièvre. Le reflet plus net mis par Hoffmann dans les deux yeux est un hommage direct au grand artiste.

La complexité biologique a une vocation descriptive de la vie qui n'était pas encore une mode au temps de Dürer et rappelle que Hoffmann est un contemporain de Hoefnagel et d'Arcimboldo. Pas moins de 17 plantes et 14 animaux cohabitent dans son image du lièvre au champ.

L'image ci-dessous est un peu tronquée.