4 déc. 2015

Les Cendres de Florbelle

Tout est excessif dans la vie du marquis de Sade. Sa famille affolée cherche à étouffer ses scandales sexuels mais il fait de longs séjours en prison. Privé de ses fantaisies, il écrit anonymement des romans pornographiques qui seront la source de sa gloire posthume.

Il est passionné de philosophie athée et de théâtre et fustige avec la plus grande violence la morale chrétienne. Libéré pendant la Révolution, il s'oppose violemment à l'être suprême de Robespierre et échappe de très peu aux exécutions de Fouquier-Tinville. Ce fervent révolutionnaire renonce sans regret à son titre aristocratique.

Son grand ouvrage mêlant la pornographie et la philosophie, les 120 Journées de Sodome, a été perdu lors des évènements de la Bastille. Il sera retrouvé très longtemps après la mort de l'auteur. En 1807 à l'asile de fous de Charenton, il termine une vaste trilogie intitulée Les Journées de Florbelle.

Son fils, alerté par ce nouveau risque de scandale, fait aussitôt saisir par la police ce nouveau roman qui sera brûlé en sa présence en 1814 juste après la mort de l'auteur. Par-delà les excès sexuels et les blasphèmes, Sade avait apporté une liberté d'écriture qui influença Baudelaire, Flaubert et bien d'autres, et cette perte irrémédiable est regrettable pour l'histoire de la littérature française.

Un carnet de notes autographes écrites par Sade pour la préparation de Florbelle a survécu. Sur 17 feuillets, l'auteur clarifie pour lui-même le message qu'il veut passer dans Florbelle. Cet incorrigible libertin qui est réduit à l'impotence par l'obésité et l'internement trouve même une justification morale en citant Sénèque : "C'est en montrant le vice à nu que l'on ramène à la vertu".

Ce carnet est estimé € 300K à vendre par Pierre Bergé et Associés en collaboration avec Sotheby's France à Paris (Hôtel Drouot) le 11 décembre, lot 56.