24 janv. 2016

Brume sur Venise

A partir de 1890, l'art de Claude Monet est constitué par des séries qui ont été dispersées. Au début de cette phase, avec les Meules et les Cathédrales de Rouen, les contrastes sont forts entre les différentes images captées tout au long du jour. A Londres puis à Venise et bien entendu avec les nymphéas, ces variations deviennent de plus en plus subtiles.

Son long séjour à Venise à l'automne 1908 est une session continue de travail pendant laquelle l'artiste peint 37 huiles sur toile réparties en plusieurs thèmes. Dès son retour à Paris, Bernheim-Jeune acquiert 28 de ces pièces qui restent dans l'atelier de l'artiste pour les dernières retouches.

En 1912, tout est prêt. L'exposition des vues de Venise par Monet à la Galerie Bernheim-Jeune enchante les visiteurs les plus exigeants.

Du matin au soir, Monet avait perçu toutes les variations de couleurs apportées par le jeu du soleil au travers de la brume. Ses vues du Palazzo Ducale prises de San Giorgio Maggiore sont topographiquement exactes mais les détails sont noyés dans une superbe lumière diffuse qui englobe les monuments et leurs reflets. Le premier plan d'un ponton est similairement dépouillé des détails pour ne servir qu'à ouvrir la perspective.

L'une de ces peintures est au MET et une autre au musée Guggenheim. Sotheby's vend le 3 février à Londres une autre version du même thème, qui est probablement la plus proche des idées d'origine de l'impressionnisme et était incluse dans l'exposition de 1912. Cette huile sur toile 65 x 100 cm est estimée £ 12M, lot 23.

Monet n'est pas le premier artiste à exprimer la lumière éthérée de Venise. L'apport de son art comparé aux vues de Turner est que Monet, intéressé uniquement par l'atmosphère, supprime toute animation anecdotique. La gondole qui passe au loin devant la Piazza sert uniquement à souligner un point fort de la composition.