27 janv. 2016

Les Dernières Bagarres de Jean-Michel Basquiat

Jean-Michel Basquiat est découragé et drogué. La fin est proche. Andy Warhol, avec qui il aimait collaborer, meurt en février 1987.

Jean-Michel travaille peu, mais exprime la même hargne qu'autrefois contre la domination des blancs et le capitalisme. Les tags des murs sordides portent son cri, avec des lettres sans suite et des mots sans signification au milieu desquels se trouvent de vrais messages.

Le 10 février à Londres, Sotheby's vend un acrylique, oilstick et collage de photocopies 213 x 152 cm réalisé en 1987, lot 41 estimé £ 6M.

Le personnage à structure de squelette est coiffé d'un chapeau haut de forme avec lequel il revendique un rite funéraire vaudou. Le poing est levé dans le geste du black power. Derrière lui, le message principal apparaît deux fois : Despues de un Puno, sans tilde parce que les murs n'ont pas besoin de respecter l'orthographe.

Le signe du copyright placé un peu partout et les lettres ESSO rageusement barrées expriment que l'ultime bagarre de ce squelette autobiographique était contre le capitalisme. L'une des deux marques Despues de un Puno est elle aussi raturée, démontrant l'incertitude de cette victoire à la Pyrrhus pour laquelle le personnage exhibe un triomphalisme dérisoire.

Jean-Michel sait probablement qu'il a déjà perdu sa lutte pour identifier et maintenir sa place dans la société. Son art restera toujours impuissant contre les pouvoirs politiques et économiques. Il meurt le 12 août 1988, âgé de 27 ans. Il avait pourtant été l'artiste le plus doué de sa génération.