14 févr. 2016

Un Alto pour le Comte Cozio

Le comte Cozio di Salabue est passionné de violons et plus spécialement par les réalisations de Crémone. Son père possédait un Amati. Agé de 16 ans en 1771, le Piémontais est à Turin pour une période militaire. Il y rencontre Giovanni Battista Guadagnini.

Guadagnini est le plus efficace concepteur de violons de son temps, mais Cozio admire Stradivarius. Guadagnini a besoin de clients. Il accepte en 1774 de travailler en quasi exclusivité pour Cozio. Le jeune aristocrate désigne son associé comme le dernier continuateur de Stradivarius.

Guadagnini a le tempérament d'un créateur et pas d'un imitateur. Son nouveau contrat est à contre-emploi pour son génie de la conception. Cozio va de l'avant et achète dès 1775 aux héritiers de Stradivarius le violon dans un état sublime qui sera plus tard désigné sous le nom de Messiah.

Le contrat formel est rompu en 1777 et Guadagnini peut à nouveau diversifier sa production. Un violon daté 1778 vendu pour $ 1,39M incluant premium par Tarisio le 17 octobre 2013 est un bel exemple de son art personnel à l'époque de sa meilleure maturité.

Guadagnini continue en parallèle à produire des imitations de Stradivarius à l'usage de Cozio. Il conserve cependant une liberté qui fait que le modèle de Stradivarius n'est pas identifiable. Ces instruments sont signés Joannes Baptista Guadagnini Cremonensis fecit Taurini sur une étiquette, bien que le seul lien avec Crémone soit l'arrangement avec Cozio.

Un alto par Guadagnini Cremonensis, daté 1779, est estimé £ 270K à vendre par Ingles and Hayday le 15 mars à Londres, lot 63. Il est illustré sur l'article publié par la maison de ventes.