28 mars 2016

Ateliers Royaux à Kirman

Les souverains du Moyen-Orient ont toujours aimé le luxe. Les Shahs Safavides développent jusqu'à sa plus grande perfection l'art du tapis Persan, d'abord à Tabriz et ensuite à Isfahan et Kirman.

La beauté et la robustesse résultent de techniques d'une haute complexité dont l'apogée est atteinte à Kirman. Les tisserands utilisent dans les mêmes pièces la laine et le coton avec une très large gamme de teintures des fils. Les couleurs sont éblouissantes et les thèmes de fleurs, feuilles et oiseaux sont charmants.

La technique la plus complexe de tissage utilise pas moins de trois passages de trame par noeud. Elle est appelée Vase sur la proposition de May Beattie en 1976.

Le 19 avril à Londres, Christie's vend un tapis et deux fragments de Kirman Vase qui avaient appartenu à la collection Alice de Rothschild.

Le plus ancien a été tissé avant 1600, correspondant au début du règne d'Abbas. Ce fragment 306 x 196 cm serait complet s'il avait conservé ses bordures. Le catalogue liste quinze couleurs. La seconde trame est en soie, ce qui est une caractéristique des pièces les plus prestigieuses. Il est estimé £ 400K, lot 102.

Le lot 100, estimé £ 250K, est un fragment de bord 205 x 286 cm provenant d'une paire de tapis fragmentés à une date non identifiée qui furent parmi les plus grands Kirman Vase jamais réalisés.

Le troisième tapis de cette collection, daté de la fin du XVIIème siècle, est complet et en très bon état avec une dimension de 251 x 151 cm. Les grands motifs foliés renforcés par des fleurs discrètes sont répartis de façon alternée en partie et contre-partie, offrant une vision d'ensemble qui tend vers l'abstraction. Il est estimé £ 1M, lot 101.

La technique et le motif de ce tapis sont très similaires au spécimen Béhague, de même largeur mais 90 cm plus long, qui fut vendu pour £ 6,2M incluant premium par Christie's le 15 avril 2010.