2 avr. 2016

Dessins Photographiques d'Alexandrie à Baalbek

Les monuments antiques suscitent une intense curiosité en France à l'époque du romantisme. Flaubert et Du Camp obtiennent en 1849 des subventions du gouvernement pour effectuer un voyage en Orient.

Maxime Du Camp s'entraîne à la photographie pour préparer leur mission. Il est un des tout premiers touristes à comprendre l'intérêt documentaire considérable de cette nouvelle technique, en utilisant le procédé de calotypie récemment amélioré par Blanquart-Evrard.

Les deux jeunes gens arrivent à Alexandrie en novembre 1849. Gustave s'amuse de l'acharnement de "Max" à prendre ses photos. Leur long voyage les mène à Karnak, Medinet Habou et Philae. En septembre 1850 Maxime photographie Baalbek. Satisfait de l'avancement de son projet, il vend son appareil photo.

Les 214 négatifs sont développés à Rome en 1851. Les positifs seront effectués sur papier salé, une technique superbe qui est propice à une excellente conservation des images.

Revenu à Paris, Du Camp prépare son album qui sera édité en 1852 par Gide et Baudry en folio 43 x 31 cm sous le titre Egypte, Nubie, Palestine et Syrie. L'auteur a sélectionné 125 photos qui sont contrecollées sur vélin fort et accompagnées de 61 pages de commentaires.

Ce livre est extrêmement rare. Un exemplaire complet avec un très bon état des images est estimé € 200K à vendre par Christie's à Paris le 22 avril, lot 73.

Le voyage de Du Camp en Orient est le tout premier recueil de photographies de voyage. La grande qualité de l'impression des photographies était encore impossible moins de cinq ans plus tôt.

Cette passion soudaine à laquelle il ne donna pas de suite était une innovation remarquable si l'on considère que le projet d'enregistrement des monuments français désormais connu sous le nom de Mission Héliographique date de 1851, quand Du Camp avait déjà terminé ses "dessins photographiques".