16 avr. 2016

Le Grand Dieu de l'Age de Pierre

Les figures rituelles Uli de Nouvelle Irlande sont bien documentées. En 1909 un explorateur a eu la chance d'assister à une cérémonie tribale. La population de ces statues atteint pas moins de 255 exemples. Cette figure impressionnante à tous les sens du terme était surnommée le "grand dieu" par André Breton.

L'origine du modèle se perd dans la nuit des temps. L'Uli est essentiellement un chef guerrier au regard perçant, à la barbe virile et au sexe proéminent. Sa coiffure en pointe encadrée d'une armature est un signe de puissance politique. La création de l'Uli est un long processus : il provient de l'arbre planté lors de la cérémonie funéraire sur la tombe du chef.

Les Uli ont des seins de femmes qui n'apportent pas une ambiguïté hermaphrodite mais renforcent de symbole de la fertilité, signifiant le transfert de la puissance par l'éminent chef décédé au bénéfice des vivants. Les danseurs mâles portent aussi des seins de femmes en bois.

Les Ulis sont soigneusement conservés à l'abri des villageois jusqu'à ce qu'ils soient sortis pour une nouvelle cérémonie funéraire. Cette rare opportunité d'utilisation explique sans doute l'excellent état de certaines pièces. Ils ont été découverts trop tardivement, au tout début du XXème siècle, pour être émasculés par les missionnaires chrétiens.

Un Uli exceptionnel est estimé $ 4M par Sotheby's à New York le 7 mai, lot 8. Haut de 1,52 m, il est un des plus grands spécimens connus. Sa ciselure est remarquablement artistique. Une inspection par les spécialistes a montré qu'il avait été taillé avec des lames de pierre ou des dents d'animaux, avant l'introduction du métal dans l'île. Une analyse au radiocarbone date le bois entre 1650 et 1800 de notre calendrier.

Deux spécimens seulement ont des caractéristiques similaires d'art et d'âge. L'un est au Louvre et l'autre à l'Ethnologisches Museum à Berlin.

La provenance indiquée dans le tweet ci-dessous est une confusion avec une autre vente qui aura lieu le même jour.