8 mai 2016

Contredanses et Turqueries

Mozart s'installe à Vienne en 1781. Protégé de Joseph II, il a ses entrées au palais. Grand amateur de danse, le jeune homme participe aux bals masqués, pantomimes et arlequinades. Sa nomination officielle en décembre 1787 comme Compositeur de la chambre impériale et royale de l'Empereur est une invitation à préparer des musiques à danser.

Mozart met trois types de danses à son répertoire. La Deutscher Tanz, populaire et osée, annonce les valses de Vienne. Le menuet, dansé par couples, devient périmé dans cette ambiance euphorique où l'on préfère la contredanse dansée en groupes.

L'exotisme est un autre thème favori du compositeur, amplement démontré en 1782 par Die Entführung aus dem Serail. La déclaration de guerre de la Turquie à la Russie en septembre 1787 remet ce thème à la mode à Vienne, non sans une certaine insouciance puisque l'Autriche est déjà prête à s'engager au côté de la Russie.

Le 24 mai à Londres, Sotheby's vend le manuscrit musical autographe d'une danse de Mozart inspirée par les rythmes Turcs, lot 123 estimé £ 500K.

Cette contredanse est écrite pour un orchestre composé de deux violons, un flageolet, deux clarinettes, un basson, une trompette, un tambour et une double basse, intéressant ensemble destiné à mimer une sonorité exotique bien qu'il n'utilise aucun instrument oriental.

Cet opus K.535 est documenté le 23 janvier 1788 sous le titre Die Batallie qui est une claire allusion aux événements militaires en cours. Le titre autographe du manuscrit est la traduction française avec une faute d'orthographe : La Battaille.