6 mai 2016

La Cage Musicale

La cage à oiseaux chanteurs fut une spécialité Genevoise qui dura environ six décennies, de 1780 à 1840. Elle est pendant tout ce temps une démonstration de l'extrême talent des micro-mécaniciens suisses.

Le modèle est développé par le premier grand spécialiste des horloges à automates modernes, l'atelier de Jaquet-Droz et Leschot. Une cage réalisée vers 1785 par cette marque a été vendue pour CHF 290K incluant premium par Antiquorum le 8 novembre 2014.

Dès cette époque tous les éléments du système sont présents : la colonne centrale par où passe l'exécution du mouvement naturaliste de l'oiseau, la chute d'eau simulée dans la colonne, le mécanisme caché dans la base, l'animation musicale déclenchée à heures fixes ou à volonté. L'illusion du saut de l'oiseau d'un perchoir à l'autre est un ingénieux raffinement.

Le 14 mai à Genève, Sotheby's vend une cage plus tardive qui est un très bon exemple de la répartition du travail entre plusieurs artisans. Elle est estimée CHF 400K, lot 176.

La structure est signée par Bautte et Moynier. Depuis 1791 Jean-François Bautte exerce la profession de monteur de boîtes pour la bijouterie et l'horlogerie. La boîte à musique actionnant un clavier de 93 touches est signée par Charles-Frédéric Nardin dont l'activité à La Chaux de Fonds est connue de 1806 à 1823.

Cette boîte offre un choix entre trois mélodies dont un extrait du Freischütz de Weber qui donne à cette cage une date limite antérieure de 1821.

La colonne est surmontée d'un papillon qui bat des ailes. Les perchoirs accueillent deux oiseaux sauteurs. Cette conception spécifique est attribuée à Jean-David Maillardet, le frère cadet de Henri Maillardet célèbre pour la ménagerie d'automates qu'il exhibait à Londres.