9 mai 2016

Le Poème Abstrait de Zao Wou-Ki

La famille de Zao Wou-Ki possédait une oeuvre de Mi Fu, le très important artiste de la dynastie des Song qui mêlait si bien le paysage et la calligraphie. Le garçon considère très tôt que la peinture et la poésie doivent se réunir en un art unique.

Lorsqu'il fait ses études d'art à Hangzhou, Zao apprend la peinture à l'huile auprès de Lin Fengmian. Arrivé à Paris en 1948, il découvre l'art abstrait. Il est également inspiré par les recherches de Henri Michaux sur l'abstraction du message calligraphique.

Pour Zao, la couleur est une sorte de scène de théâtre sur laquelle il inscrira ses poèmes sur la signification de l'univers. La figuration (bateaux, oiseaux ou la Lune) dérive dans une pseudo-calligraphie qui la rend de plus en plus indéchiffrable.

En 1950 certaines huiles sur toile de Zao sont dominées par un vert pur qu'il entrecoupe de teintes plus complexes, bleu-vert ou brun-jaune. Ces couleurs expriment sa vision de l'univers. Par la suite, le vert cessera d'être un élément essentiel de sa palette.

Le 28 mai à Hong Kong, Christie's vend une huile sur toile "vert émeraude" 127 x 127 cm, lot 24. L'équilibre subtil des masses peut évoquer le jour et la nuit.

Le pas de l'artiste vers une abstraction expressionniste est déjà franchi avec des surfaces entièrement remplie comme chez Pollock, l'absence de traits structurants comme chez Still, un message illisible qui annonce Gaitonde et une subtilité dans le mélange des couleurs qui préfigure Richter.