1 juil. 2016

Des Pois dans le Jardin

Le monde scientifique du XIXème siècle requérait une curiosité pluridisciplinaire. Johann Mendel voudrait bien devenir un savant. Sa condition sociale ne lui permet pas et il entre en 1843 dans un monastère catholique de Brünn (Brno) spécialisé dans l'enseignement. Il prend le prénom de Gregor sous lequel il sera plus connu.

Le rêve de formation du jeune homme se concrétise en 1851 quand il suit des cours à l'université de Vienne. Il est intéressé par l'utilisation des mathématiques. Ce fils de paysans choisit d'étudier l'hybridation des animaux et des plantes sans pour autant abandonner la météorologie qui fut la passion de toute sa vie.

Ses supérieurs n'apprécient pas du tout ses observations sur l'accouplement des souris. Il choisira dorénavant une plante. Les pois ont des caractères différenciés qui sont facilement identifiables. De 1854 à 1863 Gregor Mendel réalise des statistiques sur sept caractéristiques de 28 000 pois observés dans le jardin du monastère.

Le choix était bon. La proportion des deux couleurs était de 3 pour 1 dans la population de ces plantes mais l'hybridation entre deux éléments de couleur différente donne une population homogène à la première génération. Mendel conçoit qu'un facteur invisible donne à l'une des couleurs un caractère dominant. La recombinaison permet de revenir à la proportion normale dès la génération suivante.

En 1861 Mendel est un des fondateurs de la Société des Sciences Naturelles de Brünn. Il y expose ses résultats en deux conférences en 1865. La Société publie son rapport en 1866 en 47 pages dans son bulletin qui est diffusé à 134 institutions scientifiques. 40 tirés à part sont fournis à l'auteur selon la tradition habituelle propre aux communications scientifiques. Mendel les utilise. Un seul correspondant lui répond : il met des doutes sur ses travaux.

Elu supérieur de son couvent en 1868, Mendel a trop de travail. Ses conférences de 1865 restent le seul témoignage de son invention d'une nouvelle science, la génétique. Son travail restera inaperçu jusqu'en 1900 et les versions originales de son rapport sont par conséquent extrêmement rares. Un tiré à part est estimé £ 200K à vendre par Christie's à Londres le 13 juillet, lot 177.