11 sept. 2016

Indifférence

Edvard Munch exprime dans son art ses propres tourments mystiques et psychologiques ou même psychiatriques. A Paris puis à Berlin il peint la difficulté de communication. Le Cri est son plus fort message parce que le hurlement ne trouve pas d'auditeur malgré le petit groupe au loin.

La mélancolie et le silence sont parmi ses thèmes préférés. La Jeune Femme sur la Plage et Deux Etres Solitaires doivent être analysés ensemble et ont sans doute été conçus simultanément par l'artiste. La grande femme blonde en robe blanche est la même dans les deux scènes. En regardant l'océan, elle tourne le dos à l'artiste, au spectateur et à la vie.

Dans l'autre version un homme est arrivé par derrière, vêtu de sombre. Il baisse la tête sans regarder la femme. Ces deux êtres humains sont physiquement proches et psychologiquement indifférents l'un à l'autre.

A partir de 1894, Munch utilise la gravure pour divulguer sa détresse. Les techniques de mise en couleurs sont très variées. Il les essaye toutes avec une grande habileté technique. Une très rare aquatinte et pointe sèche 29 x 22 cm de la Jeune femme sur la plage, terminée en 1896, a été vendue pour £ 2,13M incluant premium par Christie's le 20 mars 2013.

En 1899 et 1917, l'artiste utilise la gravure sur bois pour rééditer les Deux êtres solitaires. Différents états permettent une vision plus ou moins figurative du sol, de l'océan et de l'horizon. Les teintes deviennent plus douces, montrant à la fois l'absence de conflit de cette scène paisible et l'impossibilité de communication.

Le 27 septembre à Londres, Sotheby's vend une épreuve 39 x 55 cm des Deux êtres solitaires, probablement terminée vers 1917, lot 141 estimé £ 400K. L'artiste ou son imprimeur a utilisé deux techniques : un monotype au pochoir est utilisé pour relier le sol entre les deux personnages, appuyant le fait qu'ils vivent dans le même espace au même moment. Le reste de l'image est imprimé par trois blocs de bois. L'environnement est devenu abstrait.