18 sept. 2016

La Dernière Chute des Han

Ai Weiwei revient en Chine en 1993 après avoir effectué ses études de design à New York et rencontré Allen Ginsberg, le meneur de la contre-culture Beat. Profondément déçu par la politique sociale du gouvernement Chinois, il devient très vite un militant.

Ai exploite l'idée du ready made qu'il avait apprise aux Etats-Unis, avec une variante iconoclaste qui apporte une réflexion nouvelle sur la signification de la culture. Il détourne des urnes d'époque Han, vieilles de 2000 ans, pour les barioler de couleurs modernes.

Dans un geste spectaculaire qui est une sorte de happening, Ai réalise en 1995 une séquence de trois photographies dans lesquelles il soulève, lâche et brise avec complaisance une grande urne Han. Il démontre par ce geste que la culture elle-même, et pas seulement l'artefact, est fragile. La fin du Maoïsme n'a pas suffi à rétablir l'équilibre et l'artiste s'insurge contre la corruption.

La renommée militante d'Ai Weiwei met ultérieurement en lumière la force provocatrice du lâcher de l'urne Han. En 2014 dans une exposition à Miami, 16 vases colorés sont exposés sur une table devant un exemplaire du triptyque photographique. Un autre artiste s'empare d'un des vases et réalise à son tour le geste destructeur.

Dropping a Han Dynasty Urn a été édité en 2004 en 8 exemplaires de format 136 x 109 cm pour chaque élément du triptyque. L'un des huit a été vendu pour £ 750K incluant premium par Sotheby's le 10 février 2016 sur une estimation basse de £ 150K. Un autre est estimé HK$ 1,6M à vendre par Sotheby's à Hong Kong le 2 octobre, lot 1067.