3 sept. 2016

Tout sur la Vénerie

Au temps des incunables, les livres propagent à un public élargi les éléments fondamentaux de la connaissance. Au siècle suivant les spécialités sont traitées avec une description méticuleuse qui peut inclure le pittoresque mais exclut résolument la fantaisie.

La vénerie ou chasse à courre est un sport sans compétition, pratiqué par les aristocrates. Ce n'est ni un art ni une science et pourtant le livre publié en 1561 par Jaques du Fouilloux a toutes les qualités et la rigueur d'un traité scientifique.

La Vénerie par Du Fouilloux est structurée en une séquence logique et cohérente de 63 chapitres accompagnés d'illustrations explicatives. 

La réussite de la chasse dépend de la compétence du veneur à communiquer avec la meute de chiens, à mener son cheval, à connaître les habitudes et même les ruses des animaux ciblés. Ce livre fournit les informations détaillées et les recommandations de l'auteur, possédant une maîtrise totale de son sujet.

Le lecteur apprend d'abord les qualités des différentes races de chiens puis comment choisir la lyce, c'est-à-dire la chienne de meute qui procréera, puis comment optimiser l'entraînement des chiots. Les sections suivantes détaillent les stratégies de chasse concernant le cerf et le sanglier et, plus brièvement, le lièvre, le renard et le blaireau. Un additif inclus dès l'édition originale indique comment guérir les maladies des chiens.

Certains endroits du livre sont réservés afin de coller la transcription musicale imprimée séparément des tons de chasse, incluant aussi le "huchement" des bergères, un terme bien oublié dans la langue française d'aujourd'hui qui désignait l'appel sonore des animaux.

La vénerie était à la mode au temps de Charles IX et le livre de Du Fouilloux a connu le succès qu'il méritait. Quatre siècles et demi plus tard il reste le modèle parfait pour les traités de chasse.

Un exemplaire de l'édition originale en petit in-folio 27 x 20 cm est estimé € 100K à vendre par Sotheby's à Paris le 5 octobre, lot 71.