8 oct. 2016

L'Acier défie l'Usure du Temps

Jusqu'à la seconde guerre mondiale et un peu au-delà, l'utilisation de l'acier inoxydable reste exceptionnelle dans les montres bracelets de haut de gamme réalisées par Patek Philippe. Les clients identifient le luxe avec l'or ou le platine. Les montres en acier sont produites sur demande spécifique de clients qui craignent l'usure liée à une utilisation intensive.

La référence 1518 est en production de 1941 à 1954. Tirant avantage des prototypes d'avant guerre, elle est le premier modèle de série à offrir à la fois les deux complications prestigieuses que sont le chronographe et le calendrier perpétuel, en plus des phases de la lune.

Elle est en avance sur son temps et la clientèle ne se précipite pas. 281 montres sont construites dans cette référence soit une moyenne de 20 par an. La plupart sont en or jaune. 34 d'entre elles sont en or rose : l'une d'elles précédemment discutée dans cette chronique a été vendue pour $ 795K incluant premium par Antiquorum le 10 avril 2013 ; une autre, fabriquée en 1948, est à vendre par Phillips à Genève le 13 novembre, lot 196.

Les 1518 en acier inoxydable sont d'une extrême rareté : quatre exemplaires seulement sont connus. Ce n'est pas réellement surprenant : il faut bien reconnaître une certaine contradiction entre le besoin d'un calendrier perpétuel et la crainte de l'usure.

Les deux premières 1518 en acier inoxydable ont été fabriquées en 1943 et vendues ensemble à un même client en février de l'année suivante. L'une d'elles, restée dans un état immaculé, lui servait probablement de rechange. Elle est à vendre par Phillips à Genève le 12 novembre, lot 38. Le communiqué de presse du 22 septembre annonce une estimation au-delà de CHF 3M.