13 nov. 2016

La Fin du Cheval

Dans son enfance Marino Marini admirait les héros des statues équestres depuis Marc Aurèle jusqu'aux condottieri de Donatello. Il les considérait comme des promesses pour une civilisation nouvelle et ils devinrent un des thèmes préférés de son art.

Les premiers groupes réalisés par Marini sont calmes et dignes. Quand Picasso demande au cheval de Guernica de hurler contre la guerre, Marini comprend et suit. Après les premières ruades, l'équilibre entre le cheval et le cavalier devient précaire puis impossible.

Le cheval est expulsé du monde d'après-guerre par la voiture, sans espoir de retour. Marini est horrifié par sa visite à New York en 1950. Sa version du Cavaliere réalisée en 1951 est une prophétie de la chute du monde moderne en une catastrophe universelle similaire à Sodome et Pompéi.

Ce groupe haut de 1,22 m est spectaculaire et tragique. Le cheval semble fort par sa position stable sur ses quatre pattes mais il pousse le cri de Guernica. Le cavalier a perdu tout contrôle. Il est penché raide vers l'arrière et ses bras sont levés en un geste dérisoire.

Un Cavaliere en bronze ciselé avec une patine brune et grise, édité avant 1953 par Battaglia à Milan, est estimé $ 4M à vendre par Christie's à New York le 16 novembre, lot 4 B. Un autre exemplaire avec une patine brune et or a été vendu pour £ 4,5M incluant premium par Christie's le 14 octobre 2010.