26 déc. 2016

Le Projet Commun de Vincent HRD et Indian

Après la Seconde Guerre Mondiale, tout doit être reconsidéré. Les anciennes sociétés ont des difficultés à adapter leurs produits aux nouvelles demandes de consommateurs désirant entrer dans un monde plus moderne.

En 1948 Phil Vincent, fondateur et patron de Vincent HRD, visite les Etats-Unis. Il rencontre Ralph Rogers, le Président de Indian Motorcycle. Leurs motos sont très différentes. La firme anglaise vient d'introduire la Rapide Series C, suffisamment puissante pour concurrencer BMW. La stratégie d'Indian est orientée vers des petites cylindrées.

Les deux patrons décident de proposer ensemble deux lignes de produits, chacune commençant par un prototype. Deux Indian Chief sont expédiées à l'usine Vincent de Stevenage.

Le premier hybride est la Vindian, avec un moteur Vincent Rapide équipant une Indian Chief. Le résultat n'est pas satisfaisant et le prototype est démantelé.

Le second projet, en 1949, semble plus prometteur. La Indian-Vincent est une Rapide Series C dont les composants les plus visibles comme par exemple le guidon sont extraits de l'Indian Chief. Les clients Américains apprécieront certainement cette puissante moto anglaise avec une apparence américaine.

Tout cela coûte cher. Avant la fin de l'année, Rogers démissionne et Vincent HRD est mis sous séquestre. Le projet Indian-Vincent est abandonné. Indian fait faillite en 1953 et Vincent HRD cesse ses activités en 1955 à cause de fortes pertes.

Le designer de Vincent, Phil Irving, avait été l'ingénieur en charge des deux projets communs. Le prototype Indian-Vincent lui est offert à la fin de 1949 quand il rentre dans son Australie natale. En 2001 un collectionneur Australien est stupéfait de sa dernière acquisition, une Vincent incomplète accompagnée d'équipements Indian. Il découvre l'histoire de cette moto unique en son genre et la reconstitue dans sa configuration de prototype.

La Indian-Vincent est estimée $ 250K à vendre par Bonhams à Las Vegas le 26 janvier, lot 187.