29 janv. 2017

Les Dollars du Baseball

Les New York Yankees ont monté le baseball à un niveau de popularité sans précédent. Ce succès est l'oeuvre de Jacob Ruppert, co-propriétaire du club de 1915 à 1923 et seul propriétaire jusqu'à sa mort en 1939. Pendant sa période les Yankees acquirent les trois joueurs les plus emblématiques de l'entre-deux-guerres, Ruth, Gehrig et DiMaggio, et construisirent le monumental Yankee Stadium qui accueillait 58 000 spectateurs assis.

Héritier d'une affaire prospère de brasserie, Ruppert avait un énorme pouvoir d'investissement qu'il utilisa à bon escient. Sa fortune personnelle héritée de son père en 1915 était de $ 6,3M. Son propre héritage en 1939 montait à $ 40M. Avec son associé il avait dépensé en 1922 et 1923 plus de $ 3M pour le terrain et la construction du Stadium, avant qu'il rachète pour $ 1,5M toutes les parts du club.

Sur le plan sportif le manager des Yankees était Miller Huggins. Les succès de Babe Ruth amenaient le joueur à une indiscipline croissante que Huggins avait réussi à juguler. Ce n'est pas pour rien que le contrat signé en 1922 pour 52 000 dollars par an était accompagné d'un engagement de Ruth de moins boire et de se coucher tôt. Un exemplaire original a été vendu pour $ 550K incluant premium par Goldin le 30 avril 2016.

Les contrats étaient renégociés à intervalles réguliers. En janvier 1930 le club propose au joueur un salaire de 70 000 dollars pour un an puis une seconde offre à 75 000 dollars par an pour deux ans. Ruth refuse cette offre qui correspond au salaire annuel du Président Hoover. Il demande 85 000 dollars par an sur trois ans en fanfaronnant sur le fait que la durée acceptable par lui est inférieure à la durée du mandat présidentiel.

Le contrat entre les Yankees et Ruth est finalement signé le 10 mars 1930 pour 80 000 dollars par an sur deux ans. Un exemplaire original est à vendre par Heritage à Dallas avec un guide value de $ 500K, lot 80062.  La vente a lieu le 25 février avec une phase d'extended bidding le lendemain. Une photo de presse montrant l'acte de signature par Ruppert et Ruth est jointe au document.

Les deux parties sont gagnantes. Avec cette faible concession les Yankees ont obtenu de l'encombrant Ruth qu'il renonce à succéder à Huggins mort quelques mois plus tôt. Ces 80 000 dollars par an sur deux ans sont le plus haut salaire gagné par Babe Ruth et un record absolu pour la rémunération d'un sportif professionnel. Ce record sera dépassé par le salaire reçu par DiMaggio en 1949 incluant les bonus.

28 janv. 2017

Le Mick avec un Gentil Tigre

Le nombre de home runs (homers) réussis en Major League est l'indicateur qui permet de comparer les meilleurs batteurs de tous les temps pendant leur carrière. Babe Ruth fut le premier joueur à enregistrer son 500ème homer, en 1929, suivi par Jimmie Foxx en 1940.

Le 19 septembre 1968, les New York Yankees rencontrent les Detroit Tigers. Le classement absolu à cette date est mené par Ruth et Willie Mays avec Foxx et Mickey Mantle ex aequo à la troisième place avec 534 homers chacun.

Depuis son rookie year en 1951, The Mick est un joueur très populaire mais à 37 ans en 1968 il a bien perdu de son efficacité. Pendant le match avec Detroit, il tient la batte alors que le lanceur est un de ses fervents admirateurs, Denny McLain, une personnalité forte qui n'a pas peur des controverses. McLain lance à Mantle une balle facile et The Mick réussit son 535ème homer avec lequel il peut enfin dépasser Foxx.

Il n'y avait rien d'illégal dans ce coup complaisant malgré un clin d'oeil du Tiger quand The Mick a atteint la troisième base. McLain sera réprimandé par le Major League Baseball Commissioner. Mantle réalisera avant la fin de l'année son 536ème et dernier homer.

Ces records ont été maintes fois dépassé : Mickey Mantle est actuellement en 13ème position pour le nombre de homers en Major League. La difficile fin de vie de Mantle est oubliée et il est redevenu le symbole du rêve Américain d'après guerre.

Le maillot porté par Mantle contre les Tigers a été dédicacé par lui sur le haut de la poitrine à un ami et signé "The Mick". En condition gradée MEARS A10, ce vêtement porté en match est à vendre par Heritage à Dallas, lot 80014 avec un guide value de $ 700K. La vente a lieu le 25 février avec clôture le lendemain par extended bidding.

Aston Martin tenté par Le Mans

Tenté par la compétition, Aston Martin sort en 1934 un nouveau modèle basé sur sa T-Type équipée d'un moteur de 1,5 litres. La nouvelle voiture à deux places est spectaculaire avec sa forme allongée, ses roues extérieures et sa grande longueur, 4,20 m.

Efficace et robuste, ce modèle est nommé Ulster en référence à la très bonne participation de trois voitures de la marque au Ulster Tourist Trophy de 1934. En deux ans 31 Ulster sont construites par Aston Martin incluant 10 voitures d'usine (works cars) confiées aux pilotes officiels de la marque.

En 1935 tous les efforts se portent sur Le Mans où pas moins de sept Aston Martin sont engagées. L'une d'elles termine 10ème de la course et 5ème de sa classe, et n'apparaît plus en compétition avant l'année suivante. Ayant conservé son châssis et son moteur d'origine ainsi que son immatriculation CML 719 de 1935, elle est estimée € 1,6M à vendre par Bonhams à Paris le 9 février, lot 339.

Egalement préparée pour Le Mans en 1935, CML 721 est une des quatre Ulster qui bénéficiaient d'une configuration spécifique LM (Le Mans) considérée comme l'aboutissement des Aston Martin des années 1930. Egalement conservée en matching numbers, elle a été vendue pour £ 2,9M incluant premium par Bonhams le 26 juin 2015.

Cette expérience de prestige n'a pas résolu les problèmes financiers de la marque qui doit se concentrer dès l'année suivante sur la production de modèles routiers.

Je vous invite à regarder la vidéo partagée par Bonhams avant la vente de Paris :

25 janv. 2017

La Porsche Interdite en Amérique

Porsche aime bien aguicher ses clients en offrant des avancées technologiques sans précédent sur ses modèles de haut de gamme. Sous une carrosserie indifférenciée par rapport aux 911, la Porsche 959 cache des innovations sensationnelles concernant la suspension et de la transmission. Cette voiture qui fut brièvement la voiture commerciale la plus rapide de son temps avait aussi une stabilité parfaite.

Le projet de la 959 est lancé en 1981 mais le développement prend du retard. Les voitures sont construites en 1987 et 1988 en deux variantes, Komfort et Sport, pour un total de 284 exemplaires dont seulement 29 Sport. La Sport, plus légère de 100 Kg, est l'équivalent des variantes Competizione de Ferrari, dépouillées des équipements inutiles pour la compétition tels que siège arrière, air conditionné, installation audio.

L'interruption brusque de la production est dans la logique de l'utilisation de cette merveille roulante comme un démonstrateur technologique : bien qu'elle soit à la vente une des voitures les plus chères de son temps, Porsche avait compris très tôt qu'elle ne pouvait pas être rentable.

Dans ces conditions, tant pis si la nouvelle Porsche ne respecte pas les règlements anti-pollution applicables aux Etats-Unis : elle n'y sera pas exportée, c'est tout. La Porsche 959 achetée par Bill Gates est restée confisquée pendant treize ans par les douanes de San Francisco.

Avec le temps, la situation s'améliore. En 1999 la loi Show and Display permet d'importer pour une utilisation limitée des voitures non homologuées ayant une signification technologique ou historique. A partir de 2003 Canepa Design propose la transformation des 959 pour respecter les règles d'émission.

Surtout une voiture est classée comme 'collector vehicle' aux Etats-Unis quand elle atteint 25 ans. L'effet est sensible sur les prix aux enchères de la 959 après 2013. Voici trois exemples de ce Porsche rush, relevés chez Gooding : $ 1,5M en août 2014 pour une Komfort sur une estimation basse de $ 900K ; 1,7M pour une Sport en janvier 2015 ; 1,73M pour une Komfort en août 2015. Ces résultats incluent le premium.

Le 8 février à Paris, RM Sotheby's vend une 959 Sport de 1988, lot 131 estimé € 1,5M sans prix de réserve. Cette voiture avait été immatriculée aux Etats-Unis par son premier propriétaire qui avait déjoué la vigilance de l'administration (le catalogue n'explique pas comment il a fait ...). Cette voiture d'une originalité exceptionnelle n'a jamais subi la moindre modification.

21 janv. 2017

La Médaille du Lac Champlain

La domination des mers est un enjeu majeur des guerres Napoléoniennes. Les Britanniques capturent les bateaux Américains pour empêcher le commerce avec la France. Une extension continentale de cette guerre éclate en 1812 visant notamment le contrôle de la zone frontière entre les Etats-Unis et le Canada.

Deux ans plus tard, l'échec de la contre-offensive Britannique sur le lac Champlain est une des dernières escarmouches entre deux armées mal entraînées et mal équipées. La bataille de Plattsburgh est gagnée par les Américains grâce à une stratégie plus habile de la part de ses officiers, le capitaine naval Thomas Macdonough et le brigadier général Alexander Macomb. Macomb avait utilisé la tactique des abattis pour piéger une armée Britannique très supérieure en nombre.

Après cette opération majeure dans une bataille décisive Macomb reçoit la Congressional Gold Medal sur une décision du US Congress datée du 3 novembre 1814, deux semaines après Macdonough. Cette médaille est la plus haute distinction civile Américaine.

La médaille dans son écrin d'origine est estimée € 150K à vendre par Künker à Berlin le 2 février, lot 214. Le lot inclut une lettre manuscrite du US Secretary of War datée 26 mai 1815 informant Macomb de sa promotion au grade de major général et de l'exécution prochaine de sa médaille d'or. Voici le lien vers le site de la maison de ventes.

La médaille d'or de 64,7 mm de diamètre exécutée par la US Mint et signée M. Furst montre le buste de Macomb de profil en uniforme et, au revers, une scène résumant l'action terrestre et navale de la bataille de Plattsburgh. Les images sont partagées par Wikimedia :

Macomb Congressional Medal Obverse
Macomb Congressional Medal Reverse

18 janv. 2017

Houdini Tête en Bas

Houdini est le plus célèbre des escamoteurs. Il se débarrasse des menottes et des chaînes par une habile position de ses muscles qu'il restreint pour réussir son tour. Il est aussi l'inventeur de dispositifs de scène.

Il met au point en 1911 la Chinese Water Torture Cell, une illusion sensationnelle qu'il utilisera dans ses spectacles jusqu'à sa mort en 1926. Suspendu par les chevilles le magicien est descendu tête en bas dans une cuve vitrée remplie d'eau où il reste submergé pendant trois minutes. La première machine construite pour exécuter ce tour est faite en Angleterre.

Le 4 février à Chicago, Potter and Potter vend une affiche 102 x 224 cm imprimée à Londres en 1912, lot 99 estimé au-delà de $ 50K, catalogue partagé par la plate-forme d'enchères Liveauctioneers. Elle est un des trois exemplaires connus et son état est gradé B+.

Le public est mis au défi d'expliquer l'illusion avec une récompense de £ 200 à celui qui expliquera par quel moyen l'air à respirer est fourni au magicien pendant son immersion.

Le 25 juin 2016 la même maison de ventes vendait pour $ 46K incluant premium une affiche 99 x 213 cm imprimée quatre ans plus tard à Cincinnati, en condition A-, provenant de la même collection. Le stratagème n'avait pas été dévoilé entre temps puisque la même récompense était offerte, cette fois-ci pour $ 1000.

L'équipement offre un nouveau raffinement dans la torture avec une lourde grille verrouillée par six rangées de cadenas. L'effet présenté par l'affiche est amélioré par l'image de l'eau qui déborde avec des éclaboussures au niveau des pieds du magicien.

15 janv. 2017

La Colombe Liturgique

Autour de 1200 les ateliers de Limoges ont acquis une réputation dans tout le monde Chrétien pour leurs châsses reliquaires et leurs instruments liturgiques, utilisant la technique des émaux cloisonnés en champlevé sur cuivre gravé, moins chère que la vaisselle en or ou argent massif.

La colombe eucharistique apparaît à cette époque. Par comparaison avec les ornements des châsses les spécialistes distinguent deux générations, respectivement datées 1200-1220 et 1215-1235.

Cet ustensile zoomorphe est un récipient couvert utilisé pour les hosties. L'oiseau est debout sur une base qui supporte autour de lui les crochets destinés à la suspension. La position suspendue peut inciter les fidèles à reconnaître l'action du Saint-Esprit dont le symbole est la colombe depuis l'évangile de St Matthieu. Elle permet surtout d'écarter le pain du sacrement de l'appétit des rongeurs.

Une colombe tête levée de 18 cm de haut en champlevé émaillé et doré a été vendue pour $ 1,95M incluant premium par Sotheby's le 8 juin 2007 sur une estimation basse de $ 500K. Sa base a été réalisée au XIXème siècle en conformité avec le modèle d'origine, probablement par Frédéric Spitzer à qui cette pièce appartenait. Le catalogue de Sotheby's indiquait qu'aucune colombe n'était passée aux enchères depuis plus de 25 ans.

Le 26 janvier à New York, Sotheby's vend une colombe tête baissée de même hauteur mêlant des caractéristiques des deux générations, lot 138 estimé $ 200K. Elle appartenait aussi à Spitzer et sa base a également été réalisée au XIXème siècle. Elle a conservé une bande verticale de cabochons de turquoise séparant deux rangées de plumes colorées.

Cette période d'activité intense de Limoges est contemporaine du 4ème concile de Latran, réuni en 1215, qui reconnaît officiellement le dogme de la transsubstantiation et renouvelle par conséquent le rite de la communion avec hosties. Il ne fait aucun doute que cette décision a encouragé l'utilisation des colombes eucharistiques. 42 colombes émaillées sont recensées, de modèle similaire mais différant par leurs détails. La colombe de Limoges restait sans doute un instrument de luxe sans production de masse.

Chevrolet sur Piste

Sans interruption depuis 1953, Chevrolet utilise la désignation de Corvette pour ses voitures de sport. L'ingénieur Zora Arkus-Duntov trouve sa vocation dans l'amélioration de la Corvette avec la fonction de directeur de la haute performance de Chevrolet, la plus importante division de GM.

GM se méfie de la compétition et malgré ses réussites dans les modifications des modèles de base Duntov ne parvient pas à convaincre ses patrons avec la Corvette Grand Sport, construite en cinq exemplaires en 1963 et désavouée par GM.

En 1967, l'utilisation du nouveau moteur L-88 est l'aboutissement de la seconde génération de Corvette en attendant la sortie imminente de la troisième génération. Conçu par Duntov et son équipe pour contre-attaquer la Cobra, le moteur surpuissant titre nominativement 427 CV mais peut atteindre 560 CV à 6400 rpm.

Cette fois-ci Chevrolet accepte la production mais refuse le marketing. Les Corvette L-88 seront vendues exclusivement à des clients déjà connus qui l'utiliseront sur piste et non sur route. GM n'a certainement pas de regret en stoppant en 1969 la production de la plus performante de ses Corvette commerciales pour des raisons de respect des nouvelles normes d'émission de polluants.

Pendant la première année, 1967, seulement 20 L-88 avaient été construites. Elles sont très recherchées des collectionneurs. Une décapotable a été vendue pour $ 3,2M hors frais par Mecum le 7 septembre 2013. Un coupé a été vendu pour $ 3,85M incluant premium par Barrett-Jackson en janvier 2014.

Le 18 janvier à Scottsdale, Worldwide Auctioneers vend un roadster RPO L-88, RPO signifiant qu'il a été équipé dès l'origine de plusieurs options qui incluent une finition Silver Pearl unique dans les roadsters de cette série. Cette voiture restaurée avec le plus grand soin est estimée $ 1,9M, lot 32.

14 janv. 2017

Une Tucker dans une Grange

L'après-guerre appelle à de nouvelles solutions. Preston Tucker devient motoriste et constructeur d'automobiles en 1948. Il est l'auteur d'un seul modèle, la Tucker 48, construit en 51 exemplaires incluant un prototype. Les autres marques n'apprécient pas l'arrivée médiatisée de cette nouvelle marque. Sur un soupçon de fraude qui ne sera pas confirmé lors de son procès, Tucker cesse son activité en mars 1949 laissant derrière lui 23 invendus.

Décrite comme une torpedo, la Tucker 48 est un sedan à carrosserie basse conçu pour la sécurité, la vitesse et le confort. Elle est équipée d'un troisième phare qui s'allume lorsque le conducteur tourne le volant. D'autres caractéristiques sont très innovantes comme le pare-brise qui n'explose pas sous l'impact.

La voiture de l'avenir conçue par Tucker a suscité des passions mais elle n'est pas parfaite. Seuls des spécialistes ont pu la maintenir en état de fonctionnement du fait de la disparition précoce de la marque.

Le 21 janvier 2012, Barrett-Jackson vendait la 43ème Tucker, chassis numéro 1043, qui avait bénéficié d'une restauration par Nostalgic Motoring, le meilleur expert technique de la marque. Elle a rapporté $ 2,9M incluant premium, ce qui est bien plus que le prix habituel atteint par ce modèle aux enchères.

Le 19 janvier à Phoenix, RM Sotheby's vend la 44ème, chassis et carrosserie d'origine numéros 1044.

Le moteur et la transmission ont été changés dans les années 1970. Ce n'était pas suffisant pour la maintenir opérationnelle. En 1982, un nouveau propriétaire renonce à l'utiliser après trois petites tentatives de quelques miles chacune. Il la met bien à l'abri dans un endroit sec avec l'idée de trouver plus tard le temps de s'en occuper. 1044 dort ainsi sans être touchée pendant 34 ans.

Les problèmes mineurs de transmission et de refroidissement qui empêchaient l'utilisation de cette voiture sont ainsi la cause d'une préservation parfaite des éléments mécaniques. Le spécialiste qui avait restauré 1043 a remis aussi 1044 en état de marche. Devenue une des meilleures parmi les 47 Tucker survivantes, elle est estimée $ 1,6M, lot 160.

Une Bugatti pour une Danseuse

La Bugatti 35 Grand Prix fait sensation dès sa première apparition à Lyon en 1924 quand les cinq premières voitures de ce type dominent le Grand Prix de l'Automobile Club de France.

Du point de vue technologique la 35 offre un châssis très allégé et une carrosserie aérodynamique qui est à la fois simple et élégante. Son avancée décisive par rapport à ses concurrentes dans les courses d'endurance est le système de freins spécialement conçu pour résister à l'usure. A l'inverse, la faiblesse des pneus limite le palmarès.

La Bugatti Type 35 est un très grand succès commercial. En fournissant à ses riches clients des voitures de même performance que les exemplaires d'usine, Bugatti est un pionnier de la voiture de sport. La 35 est une voiture à deux places en accord avec les règlements applicables aux Grand Prix de l'époque.

Pendant la première année Bugatti produit seulement 16 exemplaires de la Bugatti Type 35. En 1925 la production s'accélère.

Une Bugatti 35 du modèle initial, parfois identifié comme Bugatti 35 Lyon, est achetée en 1925 à Paris par un richissime Américain pendant sa lune de miel avec une ancienne danseuse des Ziegfeld Follies. La voiture est utilisée en compétition avec parcimonie.

En plus de 90 ans, cette Bugatti ne compte encore aujourd'hui que trois propriétaires. Son originalité et son état sont exceptionnels pour une voiture de cette époque. Elle est estimée $ 2,6M à vendre par Gooding à Scottsdale le 20 janvier, lot 022. Voici le lien vers le communiqué de presse.

11 janv. 2017

La Monoplace par Alfa Romeo

Le prestige des compétitions automobiles augmente considérablement au milieu des années 1920. Les Grands Prix sont dominés par l'Alfa Romeo P2 et la Bugatti Type 35. Pour des raisons de sécurité il faut cependant attendre le début des années 1930 pour que le pilote reste seul à bord, sans assistant.

Alfa Romeo conçoit un monoposto basé sur les caractéristiques de la P2. Construite en 4 exemplaires en 1931, la Tipo A est un échec immédiat. Elle est aussitôt remplacée par la Tipo B P3 qui domine pendant la saison 1932 avec 5 voitures construites. En 1934 les modifications des règlements des Grands Prix invitent à des voitures plus lourdes, passant de 700 à 750 Kg. La seconde série de 7 unités de Tipo B P3 est caractérisée par une largeur accrue et un moteur de 2,9 litres.

C'est aussi le temps de la grande dépression. Alfa Romeo a été mis sous séquestre en 1933 par le gouvernement Italien réticent à dépenser de l'argent pour des compétitions. La société Scuderia Ferrari devient alors le partenaire incontournable d'Alfa Romeo, dont elle restera une filiale jusqu'en 1940.

Il n'est pas possible de trouver aujourd'hui une Alfa Romeo de Grand Prix dans sa condition d'origine. La traçabilité de l'installation progressive d'équipements plus performants sur ces voitures est très peu documentée. L'identification des châssis n'a pas été enregistrée par les administrations des Grands Prix et malgré le nombre d'exemplaires très limités il est impossible de discerner quelle voiture a participé à quelle compétition.

L'exemplaire à vendre par RM Sotheby's à Paris le 8 février est l'avant-dernière Tipo B P3 du groupe de 1934 qui était enregistrée sous le numéro 46 par la Scuderia Ferrari pendant les saisons 1934 et 1935.

La carrosserie, mise en configuration étroite 1932 par un de ses propriétaires, a été reconstruite dans sa configuration correcte de 1934 par un autre quelques années plus tard. Le moteur a été changé mais le lot à vendre inclut un moteur 3,2 litres qui avait autrefois équipé ce châssis. L'authenticité de cette voiture peut difficilement être dépassée par un autre exemplaire de sa catégorie. Elle est estimée € 3,8M, lot 161.

Naissance d'une Ferrari

Enzo Ferrari est avide de gagner dans toutes les catégories de compétition. En 1965 la Formule 2 annonce un accroissement du volume à 1,6 litres, qui sera applicable en 1967. Le moteur Ferrari Dino V6 est idéal pour répondre à ce nouveau règlement.

La difficulté vient une fois de plus des conditions d'homologation, stipulant que la voiture de Formule 2 doit s'appuyer sur une utilisation commerciale du moteur en 500 unités. Ferrari décide Fiat de s'engager dans un nouveau modèle de voiture de sport et confie la conception de sa Formule 2 à la société Pininfarina.

Sergio Pininfarina, fils du fondateur, développe une solution nouvelle pour Ferrari basée sur un moteur central. La société Pininfarina assemble sur un châssis de compétition 206 P un unique prototype qui est nommé la Dino Berlinetta Speciale.

La forme est superbe selon la meilleure tradition de Pininfarina et l'exposition de ce concept car rouge Ferrari au Salon de l'Auto de Paris en octobre 1965 est très remarquée. La nouvelle position du moteur est convaincante et ouvre une gamme de modèles qui est ininterrompue depuis un demi-siècle depuis la Dino 206 GT jusqu'à la 488 GTB.

Gian-Battista Pininfarina, le père de Sergio, meurt en 1966. L'Automobile Club de l'Ouest, organisateur des 24 Heures du Mans, veut lui rendre hommage. Enzo Ferrari et Sergio Pininfarina offrent la berlinette au Musée Automobile du Mans. Le musée veut maintenant recentrer ses collections sur les pièces directement liées aux 24 Heures. La Dino Berlinetta Speciale sera vendue sans prix de réserve le 10 février à Paris par Artcurial, lot 87.

Cette Speciale est un concept car. Toutes les parties visibles sont présentes mais les équipements mécaniques ont été remplacés par des éléments factices, probablement juste avant sa livraison au Mans. Le chef d'oeuvre de Sergio Pininfarina et de son équipe est une pièce d'exposition en parfait état. Elle est estimée au-delà de € 4M.

7 janv. 2017

La Dernière Feilbach

Pour ce qui concerne les Etats-Unis, l'industrie de la bicyclette et de la motocyclette s'est développée sur les côtes du lac Michigan, à Chicago et à Milwaukee. De très jeunes ouvriers des grosses usines de traitement et d'assemblage du fer et de l'acier tentent cette nouvelle aventure. Le plus célèbre d'entre eux est William Harley. Les marques Merkel et Harley-Davidson sont créées à Milwaukee autour de 1903.

Arthur Feilbach a vingt ans quand il fabrique sa première moto en 1904 à Milwaukee avec l'aide de son frère cadet William. Il commence une production de quelques unités par an qui intéressent des utilisateurs locaux. Encouragé par ces premiers succès, Arthur fonde en 1907 la Feilbach Motor Co.

1913 est une année prometteuse. La jeune marque participe aux expositions professionnelles spécialisées de Milwaukee et Chicago avec un nouveau modèle équipé d'un moteur V-twin. La société installe une usine spacieuse et moderne et commence une production en plus grande série. Le haut de gamme est nommé Feilbach Limited pour évoquer le soin apporté à la production.

Feilbach mise sur ses compétences d'ingénieur et de motoriste pour offrir sur le marché une moto plus lègère, plus robuste et plus rapide selon les publicités de la marque à cette période. Malheureusement le remplacement de la transmission à chaîne par un arbre à cames à deux vitesses doit être abandonné en raison d'une usure trop rapide des dents. Décontenancés et peut-être aussi découragés par la concurrence de Harley-Davidson, les frères Feilbach ferment l'usine avant la fin de l'année 1914.

Après cette fermeture et avant la cessation définitive d'activité qui aura lieu sans repreneur en 1916, Arthur Feilbach utilise des pièces disponibles pour assembler en 1915 une dernière Feilbach Limited pour son usage personnel. Cette moto unique en son genre est restée pendant sept décennies dans la famille du fondateur. Elle est estimée $ 150K à vendre par Bonhams à Las Vegas le 26 janvier, lot 250.