12 févr. 2017

La Paix Tropicale de Paul Gauguin

Paul Gauguin trouve son paradis en octobre 1891 à Mataiea, un village en pleine campagne à 45 Km de Papeete. Il prend garde à ne pas déranger la quiétude du lieu. Les habitants qui maintiennent leurs coutumes ancestrales accueillent avec bienveillance cet étranger. Sans concurrent, sans faux ami, sans besoin de prouver son génie à ses voisins qui désormais ignorent son métier, Gauguin s'imprègne de l'atmosphère et des couleurs exotiques.

En 1892 à Mataiea, il réalise son rêve de développer un art nouveau basé sur un subtil mélange entre l'observation des paysages et des gens et une imagination exacerbée des couleurs qui influencera bientôt Matisse. Son paysage idéal n'est pas une réalité topographique. Ses personnages et ses chevaux sont figés pour l'éternité dans une occupation statique.

Te Hare (la maison), huile sur toile 73 x 92 cm, est une de ces scènes paisibles. La maison est bien la hutte que le peintre loue dans le village. Ou pas : cela n'a pas d'importance. Elle est dominée par un grand hibiscus. Les couleurs extrêmes de l'arbre et des collines expriment la moiteur tropicale.

Le rejet de l'Europe par Gauguin est extrêmement violent mais n'est pas définitif. Il revient en France avec l'intention de montrer comment son art a évolué. L'exposition de ses chefs d'oeuvre Tahitiens par Durand-Ruel en 1894 horrifie Monet, Renoir et Pissarro. Dans la vente organisée en 1895 à Drouot pour financer l'exil final de Gauguin, Te Hare est acheté par Daniel Halévy encouragé par le dernier maître qui comprend et encourage l'artiste, Edgar Degas.

Te Hare a été vendu le 7 novembre 1991 par Ader Picard Tajan pour FF 52M, un prix très élevé pour l'époque. Cette peinture est estimée £ 12M à vendre par Christie's à Londres le 28 février, lot 18. Le lien vers la page de catalogue sera inséré ici quand il sera disponible. Peint la même année, Le Vallon, 42 x 67 cm, a été vendu pour £ 6,4M incluant premium par Christie's le 21 juin 2011.