8 févr. 2017

Le Bel Amour d'Elizabeth Barrett

Elizabeth B. Barrett épouse en 1846 le poète Robert Browning. Elle est restée dans l'histoire littéraire sous le nom d'Elizabeth Barrett Browning.

Elizabeth est une enfant prodige. Elle écrit ses premiers vers à l'âge de 4 ans et apprend le Grec et l'Hébreu pour pouvoir lire les anciens poètes et les textes sacrés dans leur version originale. La poésie est pour elle l'expression de la Vérité au-delà de l'Inconnu. Profondément croyante, elle ressent l'Amour mystique.

En préparant à l'âge de 27 ans en 1833 une traduction du Prométhée enchainé d'Eschyle, Elizabeth analyse pour son propre compte les conflits et les empathies entre le héros et le dieu, cherchant la racine profonde de l'Amour dans la sensibilité pré-Chrétienne du vieux poète.

Elle est la fille aînée d'un grand propriétaire dont la famille avait fait fortune aux Antilles. Le père trop exigeant exige le célibat à ses nombreux enfants. Peut-être par réaction contre cette restriction à son avenir sentimental, Elizabeth développe des opinions extrêmement progressistes concernant l'abolition de l'esclavage et la condition de la femme.

Le 9 mars à New York, Bonhams vend plusieurs manuscrits de travail d'Elizabeth Barrett Browning. Dans sa petite écriture serrée proche de l'illisibilité, les nombreuses retouches montrent sa recherche de la perfection : certaines modifications du manuscrit peuvent même être ultérieures au texte publié.

Le lot 3, estimé $ 400K, est le carnet manuscrit daté 1837 contenant environ 20 poèmes dont plus de la moitié seront publiés l'année suivante sous le titre The Seraphim and other poems. Dans une forme de poème dramatique désirant imiter Eschyle, Elizabeth Barrett imagine l'observation de la Passion du Christ par les anges.

Le lot 4, estimé $ 40K, est une copie de poèmes anglais anciens assemblée vers 1840 pour suggérer des thèmes d'illustrations à un ami aquarelliste.

Le lot 5, estimé $ 200K, est la préparation en 1850 de la seconde traduction du Prométhée. Elizabeth considérait que son travail de 1833, trop littéral, ne reflétait pas l'élan poétique d'Eschyle.

Le lot 6, estimé $ 180K, est la préparation en 1860 d'un recueil de poèmes politiques intitulé Poems before Congress réclamant l'indépendance de l'Italie où Robert et Elizabeth vivaient depuis 1846.

Après avoir souffert pendant toute sa vie d'une maladie invalidante que la médecine ne parvint pas à identifier ni à soigner, Elizabeth mourut en 1861 dans les bras de son mari. Robert rapporta que son dernier mot dans un dernier sourire, ultime témoignage d'un grand esprit, fut "Beautiful".