11 mars 2017

L'Argenterie du Duc d'York

Le duc d'York, second fils du roi George III, dépense sans limites et aime l'antiquité héroïque qui flatte sa brillante carrière militaire dans les guerres Napoléoniennes. Le marchand d'antiquités Kensington Lewis profite de la faiblesse de ce prince pour lui procurer à des prix très élevés d'extravagantes pièces d'argenterie qui sont fabriquées à Londres par Edward Farrell.

Le 22 mars à Londres, Christie's vend un centre de table en argent massif doré sur le thème du combat victorieux d'Hercule contre l'Hydre de Lerne, poinçonné par Farrell en 1824, lot 200 estimé £ 400K.

Ce groupe haut de 89 cm pesant 35 Kg montrant Hercule en pleine action a été réalisé dans le goût de l'argenterie baroque d'Augsbourg. Hercule drapé de la peau du lion domine, aidé par son neveu Iolaus. Les neuf têtes du monstre servent de porte-chandelle en circonférence irrégulière. L'artiste n'a pas omis le crabe géant qui tente une contre-attaque sur la jambe du héros.

Héritier présomptif du trône depuis 1820, le duc meurt en janvier 1827, laissant une dette si importante que son évaluation n'a pas pu être faite. Ses biens sont aussitôt vendus aux enchères par Christie's. L'Hercule qui apparaît comme la plus importante pièce d'argenterie attribuée à Lewis dans cette vente n'était pas à la mode du style George IV. Le résultat très bas est un désaveu pour Lewis qui a de surcroît perdu son naïf client et est ruiné.