25 mars 2017

Le Bodhisattva des Tang

Les empereurs Tang ont eu une attitude ambiguë envers le Bouddhisme, tantôt attirés par de supposés pouvoirs mystiques et tantôt résolument hostiles. Sous cette dynastie le Bouddhisme a une forte tendance ésotérique qui met en avant au côté de Bouddha le Sage l'entremetteur universel, le bodhisattva Avalokiteshvara.

La sculpture en laque sèche construite et ciselée en faible épaisseur par-dessus un mandrin de bois est utilisée pour obtenir des figures de très grand naturalisme dans les détails et l'expression du visage. La légèreté de la pièce permet un transport facile en procession mais la difficulté de réalisation a limité la production et les survivants sont de la plus grande rareté.

Deux têtes plus grandes que nature réalisées avec une technique identique ont certainement été produites par le même atelier pour le même usage religieux, peut-être au temps de l'empereur Taoïste Xuanzong dont le règne commencé il y a 1300 ans dura plus de 40 ans. Les visages charnus ont entre eux une évidente similitude.

La figure de Bouddha, haute de 46 cm, a été vendue pour HK$ 40,4M incluant premium par Sotheby's le 8 octobre 2013 sur une estimation basse de HK$ 20M.

La figure d'Avalokiteshvara est haute de 43 cm incluant un haut chignon. Elle est estimée HK$ 18M à vendre par Sotheby's à Hong Kong le 4 avril, lot 3015.

Virtuellement oubliée en Chine après sa très brève période sous les Tang, la technique de la laque sèche a été exportée au Japon à l'époque des persécutions des derniers Tang contre le Bouddhisme.