12 mars 2017

Le Charmant Prince Pala

La dynastie qui régna pendant quatre siècles sur le Bengale et le Bihar est identifiée sous le nom de Pala, un suffixe signifiant "protecteur" qui était ajouté au nom personnel de chaque monarque.

Trois religions cohabitaient : l'Hindouisme, le Bouddhisme et le Jaïnisme. Elles avaient la préoccupation commune de régir la communication entre le divin et le mortel. Dans le Bouddhisme cette fonction est assurée par le bodhisattva Avalokiteshvara.

Le 14 mars à New York, Christie's vend au lot 233 une statue réalisée vers la fin de la période Pala il y a environ 900 ans.

Le jeune homme est assis sur un épais lotus, une jambe pliée et l'autre pendante. Cette figure a été sculptée dans une pierre noire similaire à un schiste qui était très utilisée dans les stèles Pala et dont la dureté permet une grande finesse de sculpture.

Il a évidemment toutes les qualités. Le dynamisme spectaculaire de l'attitude invite au dialogue avec les fidèles. Il est un prince élégamment habillé avec une profusion de bijoux pectoraux ciselés dans la pierre mais aussi un ascète reconnaissable à sa chevelure tressée. Son appartenance au Bouddhisme est identifiée par Amitabha caché dans une fente de la tiare : il est à la fois Avalokiteshvara, le seigneur qui voit tout, et Lokanatha, le sauveur du monde.

Le personnage est grandeur nature sur cette statue de 148 cm de haut. Cette caractéristique exceptionnelle dans l'art Bouddhiste laisse supposer qu'elle était la figure de dévotion principale d'un temple spécialement dédié à Avalokiteshvara.

Elle a été à partir de 1922 une pièce importante de la collection d'art de l'Inde du Boston Museum puis dé-accessionnée en1935 pour un échange avec une autre statue de la même culture. Les bras et le nez étaient manquants. Le nez a été reconstruit ultérieurement.