20 avr. 2017

Découpages par Matisse

Le grand projet de Matisse était d'apporter une signification nouvelle à l'art par le choix des couleurs et la simplicité des formes. La Danse, peinte en 1909, apparaît comme un prototype de son évolution de fin de carrière.

Jazz, édité en 1947 par Tériade, marque le triomphe de sa nouvelle technique de papiers découpés. Ce n'est cependant qu'un des éléments du redémarrage des théories de l'artiste pour un art joyeux qui recherche le sublime en échappant désormais aux conventions de la peinture, de la sculpture et du dessin.

Aidé de sa très efficace assistante Lydia, Matisse couvre les murs de son atelier de Vence avec ses nouvelles réalisations dont il modifie sans cesse les positions à la recherche d'un équilibre apaisant dans l'effet d'ensemble. Non seulement Matisse atteint l'abstraction mais aussi il anticipe les monochromistes de la décennie suivante.

Le papier fort est couvert d'une gouache monochrome dans la couleur expressive voulue par l'artiste. Ses grands ciseaux à couture découpent une silhouette abstraite de courbes harmonieuses en plein milieu de cette planche qui est ensuite épinglée sur un carton d'une autre couleur. Quand l'artiste quittera Vence deux ans plus tard, les épingles seront soigneusement remplacées par de légers points de colle.

Le 17 mai à New York, Bonhams vend un découpage abstrait 41 x 26 cm réalisé en 1947, intitulé Arbre de Neige, lot 12 estimé $ 800K. Dans la gouache de couleur fuchsia, l'évidement sur fond blanc prend une forme arborescente aux pourtours ondulés.

Un autre opus de même dimension et de même année provenant de la collection Krieger a été vendu pour $ 1,08M incluant premium par Christie's le 4 novembre 2013. La comparaison des deux oeuvres montre la diversité de la nouvelle inspiration de l'artiste : ces Arabesques violettes sur fond orange ont des bords déchiquetés proches de la violence des peintures abstraites de Clyfford Still.