30 avr. 2017

L'Energie d'un Crâne

La participation de Jean-Michel Basquiat à une exposition collective en février 1981 attire l'attention de trois marchands qui auront séparément un rôle prépondérant dans le démarrage de sa carrière : Emilio Mazzoli, Annina Nosei et Bruno Bischofberger.

Il est tout à l'honneur d'Annina Nosei d'avoir convaincu Jean-Michel que son sous-sol était plus approprié que les rues de New York pour laisser éclater son talent. Cette étroite collaboration au cours de laquelle l'artiste peut enfin travailler régulièrement sur des toiles de très grand format dure de septembre 1981 à novembre 1982.

Pendant la première année, Jean-Michel montre des personnages en pieds, apôtres de la négritude dont la transparence de la chair dévoile le squelette. Sa technique parfaitement maîtrisée à l'acrylique, spray et oilstick et son trait rapide et précis apportent une expression revendicative sans précédent.

Une nouvelle année commence, avec de nouvelles avancées dans son langage artistique. Le 18 mai à New York, Sotheby's vend au lot 24 une peinture 183 x 173 cm réalisée en janvier 1982 pour la Galerie Nosei. Le communiqué de presse du 19 avril annonce une estimation au-delà de $ 60M.

Comme beaucoup d'opus par Jean-Michel, elle n'a pas de titre. Le thème est limité à une énorme tête à laquelle les couleurs vives et les dents agressives donnent une expression rageuse. Par sa transparence, elle est un crâne ou peut-être un masque. Sans cou ni corps, elle flotte devant un ciel bleu qui n'est peut-être qu'un interstice dans un mur tagué.

Les têtes monumentales peintes en 1982 sont le point culminant de l'art de Jean-Michel. La tête diabolique sur une toile 239 x 500 cm peinte en mars à Modène pour Mazzoli a été vendue pour $ 57M incluant premium par Christie's le 10 mai 2016. Des paires de personnages apparaissent également : Dustheads a été vendu pour $ 49M incluant premium le 15 mai 2013, également par Christie's.